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Blocages de lycées et de campus, le gouvernement durcit sa réponse

La mobilisation des lycéens et des étudiants a gagné jeudi plusieurs grandes villes, avec près de 2 000 interpellations. Les autorités ont riposté en…

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Blocages de lycées et de campus, le gouvernement durcit sa réponse

La mobilisation des lycéens et des étudiants a gagné jeudi plusieurs grandes villes, avec près de 2 000 interpellations. Les autorités ont riposté en interdisant les rassemblements devant les établissements fermés, avant une nouvelle journée tendue attendue vendredi.

Les revendications, elles, n’ont pas bougé d’un pouce. Lycéens et étudiants réclament davantage de moyens pour l’Education nationale, et ils ont fait entendre leur voix jeudi dans plusieurs grandes villes de France. Le mouvement doit se poursuivre vendredi, alors que l’exécutif espère un retour au calme après avoir condamné des violences urbaines. Le contexte pèse lourd. A sept mois de l’élection présidentielle, dans un climat social et politique sous tension, chaque blocage prend une portée politique.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé près de 2 000 interpellations jeudi, au deuxième acte de cette mobilisation. La réponse de l’Etat a été rapide. Dans tous les départements, les préfets ont signé des arrêtés interdisant les rassemblements vendredi aux abords des lycées qui resteront fermés. A Paris, le préfet de police Patrice Faure a visé treize établissements, cités nommément dans son arrêté. Le ministre Laurent Nuñez a réuni les préfets, les directeurs de la police et de la gendarmerie ainsi que les responsables du renseignement. Sa lecture est sans ambiguïté. Ce qui se joue n’a plus rien, selon lui, d’une expression légitime de revendications lycéennes et présente toutes les caractéristiques de violences urbaines. Du côté des services du Premier ministre, on évoque une manoeuvre organisée avec des relais de l’ultra-gauche. Une accusation qui a fait bondir le coordinateur de LFI Manuel Bompard, lequel reproche à Matignon de sombrer dans le complotisme.

Le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray a choisi une autre voie. Pour lui, le mouvement lycéen est pris en otage par des ultra-violents. Il a surtout annoncé un recul du gouvernement. Les frais d’inscription en BTS et en classe prépa, inscrits dans le projet de budget 2027 dévoilé le matin même, ne seront finalement pas réclamés. La mesure avait été vivement critiquée par plusieurs syndicats. Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, a accusé l’exécutif de provoquer la jeunesse étudiante. Edouard Geffray recevra vendredi les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves et de lycéens ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Il dit vouloir faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l’Ecole.

Les chiffres donnent la mesure du mouvement. Sur environ 3 700 lycées en France, 1 027 ont été touchés jeudi, dont 222 bloqués. Les étudiants ont emboîté le pas, avec une trentaine de campus occupés. Et rien ne semble devoir s’arrêter là. Les organisations appellent à poursuivre la mobilisation, avec un grand rendez-vous prévu mardi. D’ici là, plusieurs établissements ont déjà prévu d’assurer leurs cours à distance, notamment à Marseille.

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