Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Des conteneurs plein les rues et un bras de fer autour d’Imran Khan

Le gouvernement pakistanais et le parti de l’ancien Premier ministre emprisonné ont ouvert des discussions sur la marche prévue dimanche vers Islamabad.…

Article

le

Des conteneurs plein les rues et un bras de fer autour d'Imran Khan

Le gouvernement pakistanais et le parti de l’ancien Premier ministre emprisonné ont ouvert des discussions sur la marche prévue dimanche vers Islamabad. La capitale est déjà transformée en forteresse, au point que les transporteurs réclament leur dû.

Les négociations ont démarré vendredi entre l’exécutif pakistanais et le Pakistan Tehreek-e-Insaf, la formation d’Imran Khan. À la clé, une marche de protestation qui doit converger vers Islamabad dimanche, après avoir déjà été repoussée du 27 septembre. En fin de journée, la télévision publique a fait savoir que les échanges étaient suspendus et qu’ils reprendraient le lendemain. Le bureau du président Asif Ali Zardari avait confirmé en amont que des représentants des deux camps se retrouveraient pour parler de ces rassemblements.

Le but affiché par les organisateurs reste le même. Faire tomber les murs de la prison pour Imran Khan, en paralysant la capitale. Sauf qu’Islamabad ne compte pas se laisser faire. Depuis des semaines, des conteneurs maritimes réquisitionnés sont alignés le long des grands axes et aux points d’entrée stratégiques. Les journalistes présents sur place ont vu ces caissons de tôle ondulée empilés sur deux niveaux, fermant l’accès au quartier gouvernemental ultrasécurisé surnommé la Zone rouge.

Dans les rues, la lassitude domine. Arif Hussain Zahidi, 65 ans, fonctionnaire retraité, a contourné le barrage à l’arrière d’une moto. Il n’a toujours pas digéré l’éviction d’Imran Khan en 2022, avant la fin de son mandat. Selon lui, rien n’a bougé depuis. Les dettes du pays, elles, continuent de grimper. Un peu plus loin, Mubashir Aziz Afridi, 29 ans, assistant dentaire, voudrait surtout que les politiques se parlent. Sa phrase résume le sentiment général. Que le gouvernement s’assoie à une table et trie les revendications, parce qu’après un sit-in vient un autre, et qu’aujourd’hui comme demain, il y aura toujours quelqu’un dans la rue.

Côté PTI, on assure être prêt à manifester. Mais un responsable du parti, Haleem Adil Sheikh, a laissé une porte ouverte. Les discussions peuvent progresser si le pouvoir se montre souple sur certaines exigences, comme la libération des sœurs d’Imran Khan, arrêtées en septembre. Il évoque des échanges menés dans un esprit positif. L’ancienne gloire du cricket, lui, reste derrière les barreaux depuis août 2023. Corruption, trahison, incitation à la violence après les émeutes antigouvernementales de mai 2023, la liste des accusations est longue. Il les rejette toutes et affirme payer le prix de sa popularité.

La facture, elle, se répercute aussi sur les routiers. Réquisitionner des conteneurs pour en faire des murs a un coût, et les chauffeurs hésitent désormais à emprunter certains itinéraires, de peur de voir leur cargaison saisie et transformée en barrière. Imdad Hussain Naqvi, responsable de l’association qui regroupe les propriétaires de transports de marchandises du pays, avance un chiffre. Plus de 2.500 conteneurs seraient immobilisés dans Islamabad et ses alentours. Et personne, dit-il, ne paie la note. Presque vingt-cinq jours que ces caissons sont bloqués.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus