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Trump promet de bombarder Oman et enterre un peu plus l’espoir de paix avec l’Iran

Soixante jours après l’accord américano-iranien, la région repart en vrille. Entre les menaces du président américain, les frappes en mer Rouge et les…

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Trump promet de bombarder Oman et enterre un peu plus l’espoir de paix avec l’Iran

Soixante jours après l’accord américano-iranien, la région repart en vrille. Entre les menaces du président américain, les frappes en mer Rouge et les pilotes disparus au Qatar, la diplomatie semble au point mort._

Donald Trump a remis une pièce dans la machine à guerre. Interrogé lundi sur les discussions entre Oman et l’Iran à propos du détroit d’Ormuz, le président américain a sorti l’artillerie lourde. « Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule », a-t-il lancé, sans détour. Mascate et Téhéran négocient depuis plusieurs semaines pour encadrer le passage des navires dans cette voie maritime stratégique, dont l’Iran revendique le contrôle. Des pourparlers que la diplomatie iranienne dit prendre « au sérieux ». Mais Trump ne s’arrête pas là. Il somme l’Iran de « hisser le drapeau blanc de la capitulation », tout en assurant qu’il n’est « pas pressé ». Une façon de dire que les élections législatives américaines de novembre ne changeront rien à sa stratégie.

Côté iranien, on répond que la fenêtre de négociation est déjà fermée. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, rappelle que l’accord signé en juin prévoyait soixante jours pour trouver un règlement durable. Mais selon lui, ce délai est caduc. « Quelques semaines après la signature, des violations généralisées de l’accord ont commencé », affirme-t-il. En clair, Téhéran estime que Washington a torpillé le processus avant même qu’il ne démarre. Aucune négociation n’a donc été engagée, et la méfiance reste totale.

Pendant ce temps, le front s’étend ailleurs. Au Yémen, les rebelles houthis, alliés de Téhéran, annoncent avoir visé un navire militaire saoudien en mer Rouge avec des missiles balistiques, accompagné de quatre vedettes. Ryad n’a pas réagi dans l’immédiat. Les hostilités entre les Houthis et le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, ont repris le mois dernier, brisant une trêve pourtant respectée depuis 2022. L’ONU tire la sonnette d’alarme. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, demande à toutes les parties de cesser immédiatement toute action qui pourrait replonger le Yémen dans un conflit à grande échelle. Le pays a déjà payé un lourd tribut à des années de guerre, de déplacements et de crise humanitaire, rappelle-t-il.

Le nord de l’Irak est aussi gagné par les tensions. Masrour Barzani, le Premier ministre du Kurdistan irakien, affirme avoir été visé par une attaque de drones qu’il attribue à l’Iran, dans la nuit de dimanche à lundi. La résidence du directeur des services de renseignement locaux, près d’Erbil, a également été touchée. Aucune victime à déplorer, mais Barzani dénonce une « escalade dangereuse » et des actes « irresponsables et inacceptables ». Téhéran n’a pas réagi à ces accusations pour l’instant.

Enfin, un autre différend empoisonne les relations entre l’Iran et le Qatar. Téhéran affirme que trois de ses pilotes de chasse, disparus lors d’une opération contre la base américaine d’Al-Udeid le 2 mars, sont détenus par Doha. L’émirat dément et assure avoir mené des recherches en vain, allant jusqu’à inviter l’Iran à consulter les détails des opérations de sauvetage en avril, sans réponse. Le porte-parole iranien prévient que tant que le sort des pilotes ne sera pas clarifié, ils seront considérés comme des prisonniers et que tout sera fait pour faire la lumière sur leur situation. La méfiance est telle qu’aucune issue ne semble se dessiner, ni sur ce dossier, ni sur les autres. La région retient son souffle.

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