Politique
Colère en Gironde, le Premier ministre promet de tout expliquer sur les incendies
Sébastien Lecornu s’est rendu lundi dans une commune dévastée par le mégafeu. Accueilli par des huées, il a assuré n’avoir rien à cacher sur la gestion…


Sébastien Lecornu s’est rendu lundi dans une commune dévastée par le mégafeu. Accueilli par des huées, il a assuré n’avoir rien à cacher sur la gestion des secours.
Lundi, Sébastien Lecornu était à Mérignac, près de Bordeaux, pour une table ronde avec des élus et des acteurs économiques. Le déplacement devait lancer la reconstruction d’un territoire ravagé par les flammes. Le Premier ministre a ouvert la réunion par une promesse claire. Nous n’avons strictement rien à cacher sur le déroulé des opérations de protection incendie de ces dernières semaines.
Avant cette table ronde, l’ambiance était tout autre au Porge. Cette commune littorale a perdu 183 maisons en juillet. Environ 200 personnes étaient rassemblées dans l’attente du chef du gouvernement. Quand une voiture aux vitres teintées avec gyrophare est passée, elles ont hué et tapé dans les mains. Certains ont crié « Il est où ? ». Un retraité de 65 ans, Tony Veiga, a dénoncé un sentiment d’abandon. C’est vraiment nous prendre pour quantité négligeable, a-t-il lancé.
Dans cette bourgade balnéaire et populaire, beaucoup accusent les autorités d’avoir sacrifié leurs maisons pour protéger la presqu’île du Cap Ferret, plus huppée. Le Premier ministre a rejeté ces accusations. Il a assuré que les choix tactiques n’avaient pas été décidés depuis Paris, ni même depuis Bordeaux. Il a reconnu la colère et l’émotion des gens qui ont tout perdu, mais il a aussi mis en garde contre des dérives complotistes. Il a demandé à la préfecture et aux pompiers d’organiser des réunions publiques pour expliquer minute par minute ce qui s’est passé.
L’ampleur du désastre explique cette tension. L’incendie fixé le 1er août a parcouru 42.000 hectares. C’est le plus grand feu en France depuis 1949. Les flammes sont passées à 15 kilomètres de la métropole bordelaise et ont poussé plus de 220.000 personnes à évacuer. Le Premier ministre a promis des annonces pour la reconstruction du territoire et de la forêt.
Mais sur le terrain, les acteurs locaux doutent. Bruno Lafon, président de la DFCI Aquitaine, réclame depuis trente ans des facilités réglementaires et des moyens pour créer des pare-feux. Il estime que l’heure n’est pas aux commissions parlementaires mais à l’aide concrète. Le maire du Porge demande un plan Marshall. Une habitante assure qu’aucune leçon n’a été retenue des incendies de 2022. Six ministres accompagnent Lecornu, dont ceux de l’Économie, de l’Intérieur et de l’Environnement. Matignon affirme que la priorité sera donnée aux sinistrés pour le relogement puis la reconstruction, sans transiger sur la prévention.
En parallèle, l’État met en place des mesures d’urgence. Un décret entré en vigueur samedi prévoit une aide temporaire pour les entreprises de moins de 250 salariés touchées en Gironde, dans les Landes et dans le Var. Matignon rappelle aussi la prise en charge du chômage partiel pour les sociétés contraintes de fermer à cause des évacuations. Reste à savoir si ces annonces suffiront à apaiser une population qui se sent laissée de côté.
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