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L’Allemagne a trois millions de chômeurs mais ne trouve personne pour 643 000 emplois

Un nombre record de postes à pourvoir en même temps qu’un chômage élevé. Comment expliquer ce blocage qui freine toute l’économie allemande ?

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L'Allemagne a trois millions de chômeurs mais ne trouve personne pour 643 000 emplois

Un nombre record de postes à pourvoir en même temps qu’un chômage élevé. Comment expliquer ce blocage qui freine toute l’économie allemande ?

Julia Unkelbauer a 38 ans, un diplôme en biologie et une spécialisation rare dans l’étude des pollens. Depuis l’automne 2024, elle envoie CV et lettres de motivation dans la région de Fulda, sans succès. Elle cherche un poste dans la recherche, mais les financements sont rares et les places quasi inexistantes. Pourtant, à l’échelle nationale, plus de 640 000 offres d’emploi sont en attente. Un paradoxe qui résume la situation du marché du travail allemand.

Ce décalage porte un nom chez les économistes le « mismatch », une inadéquation entre les compétences des demandeurs d’emploi et les besoins réels des entreprises. Les secteurs qui recrutent le plus sont ceux de la santé et des transports. Il manque des soignants, des kinésithérapeutes, des conducteurs de bus ou de poids lourds. Au total, l’Agence fédérale pour l’emploi recense environ 160 métiers en tension, principalement des professions manuelles ou techniques. Mais des profils comme Julia, spécialistes d’un domaine très pointu, ne correspondent pas à ces urgences. Résultat dans certaines régions, il faut jusqu’à 300 jours pour pourvoir un seul poste, notamment dans les soins ou la logistique.

Le vieillissement de la population aggrave encore la situation. D’ici dix ans, 13 millions d’Allemands partiront à la retraite, tandis que seulement 7,8 millions de jeunes arriveront sur le marché du travail. Un déséquilibre démographique que l’immigration ne compense pas assez vite. Dans l’usine Samson près de Francfort, 450 des 2 000 employés vont prendre leur retraite d’ici sept à huit ans. L’entreprise cherche déjà des tourneurs fraiseurs et des mécatroniciens, des profils très difficiles à trouver. Pour y remédier, l’Agence pour l’emploi mise sur la formation continue et les reconversions. Mais les industriels réclament aussi une politique migratoire plus rapide. « Nous avons besoin de recruter aujourd’hui, pas dans deux ans », résume le directeur des ressources humaines de Samson, alors que les permis de travail restent trop longs à obtenir.

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