Faits Divers
Clément Cogitore enflamme le Sud avec un été dédié à la mémoire et à l’image
L’artiste pluriel mêle opéra, vidéo et archives amateurs dans trois festivals du Sud de la France. Un voyage entre passé et présent qui interroge notre…


L’artiste pluriel mêle opéra, vidéo et archives amateurs dans trois festivals du Sud de la France. Un voyage entre passé et présent qui interroge notre façon de nous souvenir.
Clément Cogitore a 42 ans et un été chargé. Il signe la mise en scène de « La flûte enchantée » de Mozart pour l’ouverture du Festival d’Aix-en-Provence, une partition qu’il compare à des « cuts de montage » de cinéma. Pour donner vie à cet opéra-famille qui raconte le passage de l’enfance à l’âge adulte, il a collecté des images d’archives et des scènes familiales filmées en amateurs. Ces images projetées deviennent des « apparitions façon lanterne magique » qui dialoguent avec la musique de Mozart. Il retrouve à la baguette l’Argentin Leonardo García Alarcón, déjà complice sur son précédent opéra « Les Indes galantes » en 2019, où il avait marié Rameau au krump, la danse née dans les ghettos de Los Angeles.
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre, il dévoile « Memory Palace », une installation vidéo de trente-cinq minutes constituée quasi exclusivement d’« home movies ». Ces films familiaux des Trente Glorieuses capturent des instants de bonheur sans projet narratif. Cogitore les interroge en creux : que cherche-t-on à retenir quand on filme juste les moments de joie ? Son installation devient une réflexion sur la mémoire collective de l’Occident, sur ce qu’une société choisit de fixer et ce qu’elle laisse disparaître.
Jusqu’au 20 septembre au Mucem à Marseille, l’artiste explore un autre vestige du passé : l’île Ferdinandea, un rocher volcanique surgi en 1831 dans le canal de Sicile et qui a sombré six mois plus tard. Films, photos et documents d’archives racontent cette curiosité géologique qui a attisé convoitises et imaginaires. Cogitore, lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2018, construit depuis ses débuts une œuvre qui oscille entre réel et fiction, entre longs métrages comme « Ni le ciel ni la terre » (2015) et « Goutte d’Or » (2022) et créations plus expérimentales destinées aux musées. Cet été, il prouve que la mémoire n’est jamais figée elle se joue sur tous les écrans.
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