Nous rejoindre sur les réseaux

Société

À Lyon, la canicule transforme le quotidien des seniors en course à la fraîcheur

Des habitants d’une résidence lyonnaise subissent de plein fouet des températures accablantes. Ils racontent comment ils s’adaptent à cette nouvelle donne.

Article

le

À Lyon, la canicule transforme le quotidien des seniors en course à la fraîcheur

Des habitants d’une résidence lyonnaise subissent de plein fouet des températures accablantes. Ils racontent comment ils s’adaptent à cette nouvelle donne.

Claudine a 85 ans. Son studio lumineux s’ouvre sur un balcon plein sud, au quatrième étage d’une résidence mêlant étudiants et personnes âgées. L’hiver, ces grandes fenêtres sont un atout. L’été, elles transforment l’appartement en véritable étuve. Quand le soleil tape fort, dès le milieu de l’après-midi, le ventilateur ne suffit plus, admet-elle. Cette femme, qui adorait l’été autrefois, assure que cette période est désormais derrière elle. Le bâtiment est récent, mais il n’a pas été pensé pour les fortes chaleurs. Claudine le rappelle, les scientifiques alertent sur le climat depuis trente ans. Cette semaine, Lyon a frôlé les 38°C. À 14H30, son thermomètre intérieur affiche 31°C. Sur le balcon, il atteint 41°C. Alors elle ferme ses rideaux occultants et attend que ça passe.

Pour tenir, Claudine a mis en place une routine stricte. Elle se lève avant le soleil pour profiter des heures les moins chaudes. Avant dix heures, le ménage, la promenade et les courses sont terminés. Ensuite, elle ralentit. Tricot, lecture, coloriage de mandalas. Chaque après-midi, elle descend au rez-de-chaussée, car le salon partagé est climatisé pendant les épisodes caniculaires. Là-bas, les résidents s’installent pour discuter, jouer aux cartes ou fermer les yeux. C’est devenu le point de ralliement de ceux qui cherchent un peu de fraîcheur.

Dans les couloirs, l’air reste épais même quand la nuit tombe. Les portes des appartements demeurent ouvertes pour capter le moindre courant d’air. Des films anti-UV ont été posés sur les baies vitrées. La directrice adjointe, Catherine Caulet, constate une baisse d’environ cinq degrés dans ces espaces communs. Une aide précieuse, mais insuffisante pour les logements sous les toits. Guy Petitjean, 73 ans, habite au sixième étage. Chez lui, il fait parfois 35°C. Avec deux brumisateurs, il se rafraîchit comme il peut, mais il envisage d’acheter une climatisation l’an prochain. Il le dit sans détour, il va falloir s’y résoudre, car les étés seront de plus en plus durs.

Michèle Hytte, 93 ans, a déjà franchi le pas. Elle a passé plusieurs nuits sur les fauteuils du salon climatisé, une première depuis l’ouverture de la résidence. Dans son studio, elle a cessé de consulter le thermomètre. Ce qui compte, c’est ce qu’elle ressent, explique-t-elle. Une grande fatigue, des bouffées de chaleur qui reviennent sans arrêt. Elle se sent « raplapla », vide. Pour soulager son corps, elle passe de l’eau sur sa peau. Autour d’elle, les photos de ses proches l’aident à garder le sourire.

Victoria Houlli, 89 ans, vit la même épreuve. Le simple fait de faire son lit le matin la fait transpirer abondamment. Elle s’accorde des pauses et boit de l’eau gazeuse salée, car la transpiration élimine le sel du corps. Depuis son AVC il y a quelques mois, elle parle avec difficulté. La nuit, elle ne supporte pas le vacarme du ventilateur, malgré sa surdité. Alors elle s’endort l’éventail à la main. Autour d’elle, les conversations tournent toujours autour de la chaleur. Elle en a marre, dit-elle. Née en 1936, elle a traversé la guerre. Elle a appris à ne pas se plaindre.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus