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Boris Nadejdine a dû fuir la Russie pour avoir dit non à la guerre

Cet opposant historique au Kremlin a longtemps cru pouvoir rester dans le jeu. Aujourd’hui réfugié en France, il raconte la répression qui l’a poussé à…

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Boris Nadejdine a dû fuir la Russie pour avoir dit non à la guerre

Cet opposant historique au Kremlin a longtemps cru pouvoir rester dans le jeu. Aujourd’hui réfugié en France, il raconte la répression qui l’a poussé à l’exil.

Boris Nadejdine n’est pas un inconnu en Russie. Ancien député, il a côtoyé Vladimir Poutine à ses débuts, allant jusqu’à partager des thés avec lui. Pendant des années, il a participé à des émissions télévisées pro-Kremlin, ce qui lui a valu d’être considéré par beaucoup comme une opposition de façade. Mais l’invasion de l’Ukraine a tout changé. Sa tentative de se présenter à la présidentielle de 2024 a fait de lui un symbole inattendu de la contestation.

Il a voulu poursuivre le combat lors des élections législatives de septembre. Le pouvoir en a décidé autrement. Il a été déclaré ‘agent de l’étranger’ et condamné à une amende pour ‘extrémisme’. Puis, après une convocation pour un interrogatoire, il a compris qu’il était temps de partir. Il a quitté la Russie via le Kazakhstan et est arrivé en banlieue parisienne début août. Peu après sa fuite, le seul parti antiguerre du pays, Iabloko, a lui aussi été écarté du scrutin.

Depuis la France, cet homme de 63 ans dit mesurer le courage de ceux qui restent. Il assure que la demande de paix est énorme dans son pays. Il évoque des centaines de jeunes rencontrés pendant sa campagne, tous désireux de revenir à une vie normale. Un sondage réalisé en juillet confirme cette tendance, avec 62% des personnes interrogées favorables à des pourparlers avec l’Ukraine.

Il dresse aussi un tableau sombre du quotidien des Russes. Des drones ukrainiens survolent le pays, des enfants meurent, le prix de l’essence s’envole et Internet est capricieux. Pourtant, le Kremlin continue de vendre l’idée d’une victoire prochaine. Les élites, elles, n’osent pas broncher. Elles lui répètent qu’un faux pas serait fatal. Boris Nadejdine ne regrette pas son passé de négociateur. Il aurait aimé être un homme politique européen, trouver des compromis. Aujourd’hui, il ne sait pas de quoi demain sera fait, mais il veut tenir jusqu’au retour.

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