Europe
Le comte Tête-de-Poubelle n’a jamais été si haut
Malgré la défaite à Clacton, le candidat satirique savoure son meilleur score depuis 2017. Il en profite pour glisser un mot aux fans français.


Malgré la défaite à Clacton, le candidat satirique savoure son meilleur score depuis 2017. Il en profite pour glisser un mot aux fans français.
Le comte Tête-de-Poubelle a le sourire. Ce personnage loufoque, incarné par l’humoriste Jon Harvey, a obtenu 9.455 voix dans la circonscription de Clacton, soit environ 27% des suffrages. Une défaite, certes, puisque l’ex-responsable du Brexit a rassemblé plus du double de voix autour de son nom. Mais pour le candidat autoproclamé « guerrier de l’espace intergalactique », c’est un triomphe personnel. Il a grimpé de manière spectaculaire par rapport à ses campagnes précédentes.
Cette élection partielle avait un parfum particulier. Elle faisait suite à des semaines de remous autour des finances du parti Reform UK, qui ont poussé son champion à déclencher ce scrutin en juillet. Sauf que les grands partis ont boudé l’élection. Leur absence a laissé le champ libre à un nombre record de candidats, trente-quatre au total. Le dépouillement s’est étiré jusqu’au petit matin, donnant à la soirée des airs de marathon électoral.
Jon Harvey, 46 ans, diplômé d’Oxford en lettres classiques, a fait ses armes en 2017 face à Theresa May. À l’époque, il se faisait appeler Lord Buckethead. Depuis, ses résultats allaient de 0,1% à 1%. Mais cette fois, la mécanique s’est emballée. Lui-même n’en revenait pas, rappelant qu’en juin il plafonnait à 0,2% à Makerfield. Tout juste huit semaines plus tard, il parle d’un basculement de 2500% en faveur de Binface.
Quand Nigel Farage l’a traité de candidat de l’establishment, le comte a répliqué avec une pointe d’ironie. « Qu’en dites-vous? », a-t-il lancé. Mais il reste fair-play face au vainqueur. Ce défenseur de la démocratie, qui veut encourager les gens à voter, a tenu à respecter le choix des électeurs de Clacton. Son combat, dit-il, est de faire tourner les urnes, même avec un casque de science-fiction.
Avec cette campagne, le comte Tête-de-Poubelle a conquis les médias étrangers et s’est fait un nom bien au-delà de la Manche. Ses fans français n’ont pas été oubliés. Dans une langue volontairement décalée, il a envoyé une déclaration d’amour à Paris, entre Hôtel de Ville, église et boulangerie. « J’adore les croissants et les pains au chocolat », a-t-il conclu, avant de retourner à ses étoiles.
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