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10 000 attaques contre les hôpitaux et pas un seul procès, l’OMS dénonce l’impunité totale

Depuis 2018, les établissements de santé sont pris pour cible dans le monde entier. L’OMS dénombre plus de 10 000 attaques et aucun responsable n’a jamais…

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10 000 attaques contre les hôpitaux et pas un seul procès, l'OMS dénonce l'impunité totale

Depuis 2018, les établissements de santé sont pris pour cible dans le monde entier. L’OMS dénombre plus de 10 000 attaques et aucun responsable n’a jamais été jugé.

Les chiffres donnent le vertige. Entre 2018 et la fin 2025, plus de 10 000 attaques contre des structures de santé ont été répertoriées par l’Organisation mondiale de la santé. Ces violences ont causé la mort d’au moins 5 700 personnes et fait 8 500 blessés dans 29 pays et territoires. Pourtant, aucune de ces actions n’a donné lieu à des poursuites judiciaires. L’OMS rappelle pourtant que le droit international humanitaire protège les soignants, les patients et les installations médicales. Un principe répété à de nombreuses reprises par son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

La tendance ne faiblit pas en 2026. Depuis janvier, l’institution a déjà recensé 914 attaques, qui ont tué 911 personnes et blessé 1 486 autres. L’Ukraine, le Liban et les territoires palestiniens concentrent l’essentiel des assauts. Mais d’autres régions sont concernées, comme la Birmanie, l’Iran, le Soudan, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud, la Russie, la Syrie ou le Nigeria. Les armes lourdes restent l’arme la plus courante. Viennent ensuite l’empêchement de dispenser des soins et les violences psychologiques. L’OMS a aussi comptabilisé 44 enlèvements, arrestations ou détentions de professionnels de santé et de patients, soit 148 personnes privées de liberté.

Les conséquences dépassent largement le moment de l’impact. Quand un hôpital est touché, le lendemain est lui aussi bouleversé. Le patient qui devait être opéré ne le sera pas. L’ambulance qui devait évacuer un blessé reste immobilisée. Le médecin empêché de travailler ne revient pas. Les médicaments qui étaient stockés ne circulent plus vers les autres centres. C’est tout le système de santé d’une région qui vacille, souligne un responsable humanitaire de l’OMS.

Certains territoires offrent des exemples dramatiques. Dans la bande de Gaza, les 36 hôpitaux ont tous été endommagés avant la fin 2025. En Ukraine, plus de 3 000 attaques ont été comptées depuis l’invasion de 2022, dont une qui a détruit un entrepôt de l’OMS à Dnipro. En République démocratique du Congo, 12 centres de santé ont été visés depuis le début de l’épidémie d’Ebola en mai. Autant de coups portés à des populations qui ont besoin de soins. Autant de crimes qui restent, pour l’instant, impunis.

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