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Le gouvernement promet une plateforme d’écoute aux lycéens mobilisés

Après une semaine de mobilisation dans les lycées, l’exécutif annonce l’ouverture d’un espace de concertation dès lundi. Une main tendue aux élèves, alors…

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Le gouvernement promet une plateforme d'écoute aux lycéens mobilisés

Après une semaine de mobilisation dans les lycées, l’exécutif annonce l’ouverture d’un espace de concertation dès lundi. Une main tendue aux élèves, alors que les interpellations et les blessés s’accumulent.

Une semaine de mobilisation, et le souffle ne retombe pas. Mercredi, 356 établissements étaient concernés partout en France, contre 338 la veille à la même heure, d’après le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le mouvement, lancé dans plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ sept jours, s’est depuis largement étendu au-delà de l’Île-de-France.

Devant cette pression, l’exécutif tente une réponse politique. Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale, a annoncé la création d’une plateforme de concertation ouverte lundi, mardi matin au plus tard, pour que les lycéens puissent porter leurs revendications dans un cadre démocratique organisé. Suivra, à une date encore floue, un événement de restitution nationale destiné à apporter des réponses structurées. Le ministre promet d’être transparent, autant sur les demandes reçues que sur les réponses apportées. Dans la même logique, les recteurs réuniront les conseils académiques de la vie lycéenne sous 48 heures, et les proviseurs devraient convoquer une réunion extraordinaire des conseils d’administration.

Les attentes des élèves, elles, restent très concrètes. Ils veulent le remplacement des professeurs absents, davantage de moyens, une rénovation des bâtiments et des conditions d’apprentissage décentes. « On ne cautionne pas la casse, nous on est vraiment venus pour défendre nos droits, parce qu’on a des horaires terribles, on fait des 08H00-18H00 et c’est pas normal », raconte Juan, du lycée Montbello à Lille.

La journée de mercredi a été particulièrement âpre. 625 personnes ont été interpellées, et 83 policiers et gendarmes ont été blessés. Côté Education nationale, 119 personnes ont été touchées depuis le début du mouvement, dont 34 personnels. Un bilan que le ministre Edouard Geffray qualifie d’inédit dans l’institution, lui qui insiste sur l’urgence de ramener les élèves en cours, en particulier ceux qui en sont empêchés.

La police des polices, l’IGPN, a de son côté été saisie de trois enquêtes après des lycéens blessés lors de blocages. Les faits se sont déroulés à Sevran, Saint-Ouen-L’Aumône et Tours, où un jeune homme touché à la tête a été hospitalisé, ses lésions étant jugées compatibles avec un tir de LBD par le procureur. Laurent Nuñez soutient pour sa part que les forces de l’ordre sont intervenues avec beaucoup de proportionnalité.

Emmanuel Macron a durci le ton depuis Madrid, visant les responsables de La France insoumise, qui soutient la contestation. « J’entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir. Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence », a lancé le chef de l’Etat, ajoutant qu’aucun responsable politique ne saurait légitimer une violence au carré. Jean-Luc Mélenchon a répliqué que son parti appelait à la non-violence des méthodes de lutte.

Et ce n’est pas fini. L’Union syndicale lycéenne a lancé un appel à un acte deux jeudi, puis à une journée d’action le 6 octobre. Les trois grandes organisations étudiantes, La Fage, l’Union étudiante et l’Unef, affichent leur soutien et appellent à des manifestations et des blocages. « Macron profite de sa dernière année pour finir la casse des services publics », tacle Eloise Lefebvre-Milon, secrétaire générale de l’Union étudiante, qui réclame un investissement massif dans les lycées et les universités. Ryad Rani, président de l’USL, dénonce lui le mépris et la répression du gouvernement, ainsi qu’une violence inouïe des forces de l’ordre envers les lycéens, des accusations rejetées par les autorités.

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