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Ils luttent contre Ebola en RDC et n’ont toujours pas touché leur salaire
Alors que l’épidémie d’Ebola redouble en République démocratique du Congo, les soignants qui affrontent le virus attendent toujours d’être payés. La…


Alors que l’épidémie d’Ebola redouble en République démocratique du Congo, les soignants qui affrontent le virus attendent toujours d’être payés. La fédération mondiale des infirmières interpelle les autorités congolaises pour qu’elles agissent sans délai.
En République démocratique du Congo, la bataille contre Ebola se joue aussi dans les finances. L’épidémie, déclarée le 15 mai, continue de progresser et ceux qui sont en première ligne assurent ne plus recevoir leur salaire depuis deux à trois mois. Le Conseil international des infirmières (CII), une organisation créée en 1899 et basée à Genève qui regroupe plus de 140 associations nationales et 30 millions de soignants, a décidé d’interpeller directement le ministre de la Santé congolais, Roger Kamba.
« On ne peut pas lutter contre Ebola si l’on ne rémunère pas ceux qui mènent ce combat », lance Howard Catton, le directeur du CII. Ce dernier rappelle que les infirmières et infirmiers mettent leur vie en danger pour protéger leurs communautés, souvent sans aucune protection ni garantie. Beaucoup attendent encore leur paie, plusieurs mois après le début de la crise. Une situation que la fédération juge intenable et qui exige un leadership politique urgent.
Le pays vit sa dix-septième épidémie d’Ebola. Et le rythme est alarmant. Trois mois seulement après la déclaration officielle, le virus a déjà fait plus de 2 128 morts parmi 4 566 cas confirmés, selon le dernier bilan des autorités. D’après l’organisation mondiale de la santé, c’est déjà la deuxième flambée la plus meurtrière de l’histoire, et elle se propage plus vite que les précédentes. L’OMS prévient que, si la tendance se poursuit, elle pourrait même dépasser l’épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Lors des trois premiers mois de cette vague, la RDC compte sept fois plus de cas et cinq fois plus de décès.
Derrière ces chiffres, un manque de moyens criant. Les structures sanitaires du pays comptent parmi les plus pauvres du monde. Et l’argent manque. Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de préparation et de riposte, seuls 264 millions ont été réunis jusqu’ici. Résultat, les soignants ne sont ni protégés ni rémunérés correctement. Le CII ne demande pas seulement le versement des sommes impayées. Il exige des paiements réguliers à l’avenir, des équipements de protection individuels adaptés, une assurance, des indemnités et d’autres protections essentielles. Sans cela, impossible de mener une réponse efficace.
Il y a aussi une dimension scientifique à ne pas négliger. Le variant en circulation, le Bundibugyo, ne dispose pour l’instant d’aucun vaccin ni traitement spécifique. L’OMS pousse pour organiser un essai clinique avec l’Ervebo, un vaccin homologué contre la souche Zaïre, et le protocole devrait être soumis aux autorités congolaises. Mais en attendant, l’urgence immédiate reste la même, protéger celles et ceux qui sont en première ligne et leur verser ce qui leur est dû.
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