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La facture de la dette française s’alourdit et Lecornu prévient que tout le pays va le sentir

Le chef du gouvernement alerte sur la flambée des taux d’intérêt à quelques heures de présenter son budget. Il met en garde les oppositions contre le…

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La facture de la dette française s'alourdit et Lecornu prévient que tout le pays va le sentir

Le chef du gouvernement alerte sur la flambée des taux d’intérêt à quelques heures de présenter son budget. Il met en garde les oppositions contre le risque de plonger le pays dans une nouvelle crise financière.

Les marchés ont envoyé un signal que peu de gens ont remarqué. Le taux auquel la France emprunte à dix ans a franchi la barre des 4,8 %, du jamais vu depuis la crise financière de 2008. L’écart avec l’Allemagne, la référence en Europe, grimpe lui aussi et s’approche de 1,20 point, un niveau inédit depuis 2012. Sébastien Lecornu a réagi sur X avec une formule qui résume son inquiétude. Le réel nous rattrape, a-t-il écrit, en pointant des tensions énergétiques qui poussent les taux à la hausse un peu partout et une incertitude politique française qui vient s’ajouter à la pression.

Le Premier ministre veut convaincre les oppositions de ne pas faire tomber son gouvernement au moment où les débats budgétaires s’annoncent électriques, à sept mois de la présidentielle. Son message est simple. Chaque euro supplémentaire versé aux créanciers est un euro en moins pour les priorités du pays. Il défendra dans les prochains jours un budget de redressement présenté à la mi-septembre, avec un effort annoncé de 54 milliards d’euros. Le tableau n’aide pas. Le déficit a dérapé à 5,4 % au lieu des 5 % espérés, même si l’objectif pour 2027 reste fixé à 5 %. Et la dette publique s’annonce record l’an prochain.

Du côté des économies, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a dévoilé ses pistes. Il veut diviser presque par deux le déficit de la Sécurité sociale d’ici 2027, notamment en freinant la progression mécanique des dépenses de retraites, pour 5,5 milliards d’euros d’économies. Concrètement, les pensions supérieures à 1 260 euros ne seront plus indexées intégralement sur l’inflation. La prime d’activité ne suivra pas non plus la hausse des prix. D’autres pistes circulent, comme une taxe sur les produits sucrés évoquée par le ministre chargé du commerce Serge Papin, qui pourrait rapporter 200 millions d’euros.

Face à ce budget que le Parti socialiste qualifie déjà de récessif, Lecornu dit rester disponible pour bâtir des compromis. Un vote classique semble pourtant presque exclu dans ce calendrier. Le gouvernement écarte aussi l’idée d’une loi spéciale pour prolonger temporairement les crédits de 2026, qui creuserait encore le déficit. Il reste donc le 49.3, à condition de trouver un texte que ni le PS ni le RN ne censure, ou les ordonnances, un outil jamais utilisé jusqu’ici. Amélie de Montchalin, à la tête de la Cour des comptes, a lancé un appel. La classe politique doit se réveiller, a-t-elle prévenu, en rappelant que les intérêts de la dette coûtent déjà 80 milliards d’euros.

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