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La justice annule deux mairies LFI du Rhône et menace une troisième

La justice administrative a invalidé les élections municipales de Vénissieux et Vaulx-en-Velin, gagnées de justesse par des candidats Insoumis. À…

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La justice annule deux mairies LFI du Rhône et menace une troisième

La justice administrative a invalidé les élections municipales de Vénissieux et Vaulx-en-Velin, gagnées de justesse par des candidats Insoumis. À Saint-Fons, une autre victoire du parti pourrait connaître le même sort.

La décision est tombée et elle rebat les cartes dans la banlieue lyonnaise. Le tribunal administratif de Lyon a annulé dans leur ensemble les opérations électorales de Vénissieux, ville de 65 000 habitants, et de Vaulx-en-Velin, 53 000 habitants. Ces deux communes avaient basculé aux mains de députés LFI, Idir Boumertit et Abdelkader Lahmar, avec des écarts très serrés face aux maires sortants. Pour Vénissieux, les juges ont retenu de fausses déclarations de domiciliation concernant Quentin Taïeb, tête de liste d’extrême droite RN-UDR, et certains colistiers. Ces personnes sont déclarées inéligibles pour 24 ou 18 mois. À Vaulx-en-Velin, le problème vient d’une liste divers centre qui n’avait pas signalé la nationalité néerlandaise d’une colistière, une mention pourtant imposée par le code électoral. Les suffrages de cette liste avaient alors été invalidés par la préfecture.

Les deux maires concernés ne cachent pas leur colère. Idir Boumertit, qui avait devancé la communiste sortante Michèle Picard de seulement 25 voix, estime faire les frais des manquements et des possibles manœuvres d’autres listes. Abdelkader Lahmar, vainqueur de la socialiste sortante Hélène Geoffroy avec 104 voix d’avance, parle d’un sentiment d’injustice et d’incompréhension. Tous deux ont l’intention de saisir le Conseil d’État, seul recours possible dans ce type de litige électoral. La procédure devrait prendre plusieurs mois. Si l’annulation était confirmée, un nouveau scrutin devrait être organisé rapidement, ce qui complique tout à l’approche de la présidentielle. En attendant, les deux élus assurent qu’ils continuent à travailler et préviennent que, s’il faut retourner devant les électeurs, ils comptent bien l’emporter plus largement encore.

Les intéressés pointent aussi le rôle de la commission électorale de la préfecture du Rhône. Pour eux, elle n’a pas rempli sa mission et c’est son raté qui se retrouve sanctionné. Le maire de Vénissieux souligne que les problèmes autour de la liste RN étaient connus de la maire sortante, du procureur et de la préfecture, sans que cela empêche son enregistrement. Une situation qui, selon lui, pose question. Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis et candidat à la présidentielle, a vivement critiqué la préfecture du Rhône. Il dénonce son erreur, son amateurisme professionnel et sa volonté délibérée d’ignorer l’alerte envoyée en amont du scrutin.

L’affaire ne se limite pas à ces deux villes. À Saint-Fons, commune de 20 000 habitants, la victoire de l’Insoumis Hadi Mebarki est elle aussi compromise. Lors d’une audience, la rapporteure publique a préconisé l’annulation de son élection après une irrégularité sur la liste du maire sortant Christian Duchêne, classé divers gauche. Il est reproché à cette liste de ne pas avoir mentionné la nationalité portugaise d’une colistière. Le jour du vote, la préfecture avait demandé que les bulletins concernés ne soient pas comptabilisés, mais certains l’ont été malgré cette consigne. Hadi Mebarki résume la situation sans vouloir entrer dans des polémiques excessives. Il constate que trois villes LFI se retrouvent débranchées pour des erreurs commises par d’autres listes.

Pour Abdelkader Lahmar, tout se passe comme si des arguties juridiques servaient à faire rejouer des élections dont le résultat n’a pas convenu. Idir Boumertit va plus loin et dénonce une injustice réelle. Selon lui, trois maires Insoumis du territoire lyonnais sont victimes d’une tentative de strike. Une formule qui illustre leur frustration, alors que LFI avait réussi à s’implanter dans plusieurs grandes villes, notamment Saint-Denis, Roubaix, Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Saint-Fons. La suite dépend désormais du Conseil d’État. S’il confirme les annulations, les électeurs de ces communes pourraient être appelés à revoter dans un contexte national déjà tendu.

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