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En Cisjordanie, ces jeunes colons qu’Israël n’arrive plus à freiner

Mardi, une centaine de colons israéliens ont bloqué le retour d’une famille palestinienne dans son village de Jalud, en Cisjordanie occupée. Derrière ces…

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En Cisjordanie, ces jeunes colons qu'Israël n'arrive plus à freiner

Mardi, une centaine de colons israéliens ont bloqué le retour d’une famille palestinienne dans son village de Jalud, en Cisjordanie occupée. Derrière ces violences, une nouvelle génération de colons radicalisés que les autorités israéliennes ont longtemps sous-estimés.

Une centaine de colons israéliens ont forcé le passage, mardi matin, pour empêcher une famille palestinienne de regagner sa maison dans le village de Jalud, en Cisjordanie occupée. Cette famille avait quitté les lieux deux mois plus tôt, après avoir subi des agressions. Les affrontements avec les forces israéliennes ont fait trois policiers blessés et trois suspects interpellés, dont deux mineurs. Fait rare, des responsables israéliens ont condamné ces violences, parlant d’une « poignée de délinquants ».

Ces événements éclairent la montée d’une génération de colons radicalisés que les autorités israéliennes ont longtemps pris à la légère. Ce mouvement, connu sous le nom de « jeunes des collines », rassemble des colons souvent jeunes, pour beaucoup déscolarisés et venus de l’extérieur des territoires palestiniens. Il s’appuie sur une idéologie religieuse nationaliste qui vise à étendre la présence juive en Cisjordanie par l’installation d’avant-postes non autorisés, généralement des tentes ou des caravanes, en dehors des colonies reconnues par Israël.

Les chiffres circulent dans un message récent posté sur un groupe WhatsApp lié au mouvement. Selon ce texte, ces jeunes seraient responsables, sur les douze derniers mois, de 635 attaques dans 158 villages palestiniens, faisant 409 blessés et 436 véhicules incendiés. Des données qu’aucune vérification indépendante ne permet de confirmer. Leur mode d’action repose sur un credo résumé par Dvir Warshavsky, membre du groupe juif religieux les Enfants d’Abraham, « le moins de monde possible sur le plus de terres possible », à rebours de la stratégie traditionnelle des colons qui consistait à bâtir toujours plus de colonies.

La réaction internationale s’est durcie. Plusieurs pays, dont les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, ont récemment sanctionné des produits issus des colonies, provoquant la colère d’Israël. Mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a balayé la menace à la tribune de l’ONU, évoquant « environ 150 » jeunes délinquants et accusant la communauté internationale d’ignorer les violences subies par les Israéliens.

Le contexte militaire a joué un rôle. Depuis la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et l’ouverture de nouveaux fronts, de nombreux soldats ont été redéployés hors de Cisjordanie. Dans ce territoire occupé depuis 1967, 500.000 colons israéliens vivent parmi trois millions de Palestiniens. La sécurisation des colonies revient souvent à des réservistes, eux-mêmes colons, moins enclins que l’armée à démanteler les avant-postes. Israël reconnaît environ 140 colonies, illégales au regard du droit international, auxquelles s’ajoutent près de 400 fermes et avant-postes non reconnus.

Le mouvement a pris son essor après le démantèlement, en 2005, de 21 colonies dans la bande de Gaza et de quatre en Cisjordanie, dans le cadre d’un « désengagement » unilatéral. La rancoeur des milliers d’Israéliens alors déplacés a nourri cette dynamique. L’arrivée au pouvoir de responsables porteurs de cette idéologie, comme le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, lui a apporté une légitimité et des soutiens financiers croissants. L’État ne peut pas financer directement les colonies illégales, mais il paie « tout le reste », des routes aux caméras de surveillance, en passant par les panneaux solaires et les véhicules de patrouille, selon Hagit Ofran, de l’ONG israélienne Peace Now. Certains colons prennent pourtant leurs distances, à l’image de trois conseils locaux ayant proclamé fin 2025 leur « tolérance zéro » envers les « jeunes des collines ».

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