Monde
Trump et Lula, un duo qui avance en zigzag avant le vote brésilien
Le président américain et son homologue brésilien se parlent, se reçoivent et négocient, mais leur relation repart sans cesse en arrière. Le soutien…


Le président américain et son homologue brésilien se parlent, se reçoivent et négocient, mais leur relation repart sans cesse en arrière. Le soutien discret de Donald Trump à Flavio Bolsonaro, rival de Lula, plane sur une présidentielle prévue le 4 octobre.
Le Brésil vote le 4 octobre, et Washington assure ne pas vouloir s’en mêler. Dans les faits, la Maison Blanche suit la course de près, et Donald Trump n’a jamais caché sa proximité avec Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro et adversaire direct de Lula. Voilà qui vient fragiliser des liens déjà malmenés par des désaccords politiques et un rapport de force autour des droits de douane.
Les deux hommes n’ont pourtant jamais coupé le fil. En septembre 2025, Lula a lui-même traversé les couloirs du siège de l’ONU pour aborder Trump et lui demander de débloquer les échanges entre leurs pays. Le républicain avait alors évoqué une « excellente alchimie » avec son homologue. Quelques mois plus tard, en mai, il l’invitait à la Maison Blanche. Cette visite avait permis au dirigeant brésilien de relancer les négociations commerciales et de tenter d’alléger le poids des taxes américaines sur son économie. Le répit fut de courte durée. Trois semaines après avoir reçu Lula, Trump accueillait Flavio Bolsonaro pour un entretien à huis clos.
Août a apporté un nouveau coup de froid. Les États-Unis ont désigné un ambassadeur, Daniel Perez, que Brasilia a tardé à valider, par crainte d’une ingérence dans la campagne. En retour, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a révoqué le visa de l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luiza Ribeiro Viotti. Une source diplomatique brésilienne a résumé la position de son pays, qui a refusé de plier sous la pression. Un haut responsable du département d’État a reconnu une mesure « réciproque », destinée à rappeler qu’une décision ne saurait être unilatérale, tout en assurant que la situation n’était pas souhaitée. Lula a laissé passer l’orage, puis a relancé les discussions commerciales après un échange téléphonique avec Trump fin août.
Reste à savoir si cette aptitude au dialogue pèsera dans les urnes. Bruna Santos, qui pilote le programme Brésil au sein du centre de réflexion Inter-American Dialogue, en doute. L’électeur brésilien, explique-t-elle, a d’autres priorités, et la politique étrangère ne compterait qu’en cas de menace très concrète contre la souveraineté. Lula, légèrement en avance dans les intentions de vote, joue justement cette carte. La semaine dernière, depuis la tribune de l’ONU, il a prévenu que son pays ne laisserait ni les ennemis nationaux ni les ennemis étrangers de la démocratie piétiner la volonté populaire, sans citer un seul nom.
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