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Milei en France pour vendre une Argentine stabilisée mais à bout de souffle

Le président argentin entame ce mercredi un déplacement à Paris pour attirer les investisseurs étrangers. Mais derrière les chiffres de l’inflation…

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Milei en France pour vendre une Argentine stabilisée mais à bout de souffle

Le président argentin entame ce mercredi un déplacement à Paris pour attirer les investisseurs étrangers. Mais derrière les chiffres de l’inflation maîtrisée, trois ans d’austérité laissent un pays exsangue et un président en perte de popularité.

Javier Milei arrive en France ce mercredi avec un objectif clair, convaincre les investisseurs de miser sur son pays. Le président argentin restera à Paris jusqu’au 2 octobre dans le cadre du forum « Argentina week ». Il ne voyage pas seul. Une demi-douzaine de ministres, une dizaine de gouverneurs de provinces, notamment minières, et plusieurs patrons de grandes entreprises composent sa délégation. Jeudi, il s’exprimera devant l’OCDE avant de rencontrer Emmanuel Macron à l’Élysée en privé. Le lendemain, il recevra un prix lors du Paris Economic Forum, récompensant selon les organisateurs la « cohérence et l’ampleur » de son programme. Ce déplacement n’est que le deuxième du genre, après New York en mars. Une vidéo publiée mardi sur Instagram le montre au sommet de la tour Eiffel, drapeau argentin en main et lion à ses côtés.

Sur le plan économique, le tableau est contrasté. L’inflation a été ramenée de 161% à 33% sur un an, les comptes publics sont à l’équilibre et les réserves de change partiellement reconstituées. Mais ces trois années d’austérité ont durement frappé l’industrie, l’emploi et la consommation. La pauvreté, après une tendance à la baisse, a grimpé de quatre points au premier semestre 2026, touchant près d’un Argentin sur trois. L’économie affiche une croissance officielle de 2% sur un an, mais s’est contractée de 0,6% au deuxième trimestre, puis de nouveau en juillet. Les spécialistes parlent d’une économie « planchada », « aletargada » voire « congelada ». Les secteurs minier et des hydrocarbures ont capté une bonne part des quelque 50 milliards de dollars de projets d’investissement enregistrés sous le « RIGI », un régime d’incitation aux grands investissements assorti d’avantages fiscaux et douaniers. L’industrie, elle, a perdu 90 000 emplois en trois ans, une mauvaise nouvelle pour ses partenaires étrangers, dont la France.

Le voyage n’est pas exempt de critiques. Plusieurs syndicats français de journalistes affiliés à la Fédération internationale des journalistes ont condamné la venue de Javier Milei, y voyant « une insulte à la liberté de la presse » au vu des attaques répétées du président contre les médias. La France, elle, reste un partenaire de premier plan, avec une progression de 63% des investissements directs en Argentine en 2024, dans les mines, l’énergie et l’agro-industrie. Elle se classe comme le septième investisseur, cinquième si l’on retire les juridictions de transit.

Politiquement, la situation se complique pour Javier Milei. Lui qui répétait ces derniers mois « Je suis en compétition avec moi-même » voit sa cote de popularité chuter à son plus bas niveau depuis son arrivée fin 2023, avec une désapprobation autour de 55 à 60%. Il traverse le pire moment de sa relation avec l’opinion, qui était jusque-là sa force, selon un politologue argentin. L’espoir d’une amélioration rapide s’est éteint, alors que l’idée que les choses iraient mieux dans un an aidait jusque-là à supporter la rigueur du présent. Sa chance réside peut-être dans l’absence de contre-proposition claire du côté de l’opposition péroniste et dans le souvenir encore vif d’une inflation hors de contrôle. Alors Milei repousse le bout du tunnel, promettant que 2028 serait « la meilleure année économique de l’histoire argentine » si son camp l’emporte en 2027.

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