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L’engouement pour Anthropic n’a pas suffi, les marchés européens reculent

Portées par l’enthousiasme autour de l’introduction en Bourse d’Anthropic, les valeurs technologiques ont tiré les indices vers le haut une bonne partie…

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L'engouement pour Anthropic n'a pas suffi, les marchés européens reculent

Portées par l’enthousiasme autour de l’introduction en Bourse d’Anthropic, les valeurs technologiques ont tiré les indices vers le haut une bonne partie de la journée. La remontée des rendements obligataires américains a fini par casser cet élan et la plupart des places européennes ont clôturé dans le rouge.

À Paris, le CAC 40 a lâché 0,53 % pour terminer à 8 035,87 points. Londres a cédé 0,45 % et Francfort a quasiment fait du surplace. L’EuroStoxx 50 a pour sa part grappillé 0,30 %, tandis que le FTSEurofirst 300 et le Stoxx 600 ont reculé, de 0,13 % et 0,09 %. De l’autre côté de l’Atlantique, au moment où les places européennes fermaient, le Dow Jones perdait 0,67 %, le S&P 500 0,33 % et le Nasdaq 0,10 %, après avoir pourtant ouvert en hausse pour ces deux derniers.

La séance aurait pourtant pu basculer du bon côté. Pendant une bonne partie de la journée, les marchés actions ont été soutenus par les valeurs technologiques, galvanisées par l’engouement autour d’Anthropic. Le prospectus d’introduction en Bourse du spécialiste de l’intelligence artificielle laisse entrevoir une valorisation qui pourrait franchir les 2 000 milliards de dollars. Le groupe prévoit aussi d’engager 518 milliards de dollars d’investissements dans le cloud, l’informatique et les infrastructures, de quoi doper l’activité de tout un écosystème tourné vers l’IA, à commencer par les fabricants de semi-conducteurs. Pour les observateurs du marché, Anthropic a pris l’ascendant sur OpenAI et fait figure de nouveau leader du secteur, ce qui attise l’appétit des investisseurs.

Le compartiment technologique du Stoxx 600 a ainsi bondi de 2,49 %, touchant en séance son plus haut depuis plus d’un mois. À Wall Street, son équivalent grignotait 0,05 %, porté notamment par le secteur des puces, en hausse de 1,71 %. Mais la fête n’a pas duré. La tension sur les rendements obligataires, dans un contexte marqué par sept mois de guerre au Moyen-Orient et par une vague d’émissions de dette, des États comme des entreprises spécialisées dans l’IA, a rogné les gains au fil des heures et fait basculer les indices dans le rouge à la clôture européenne. Le mois de septembre s’annonce d’ailleurs comme l’un des plus gros mois de ventes d’obligations de ces dernières années, dans des économies européennes lourdement endettées comme aux États-Unis.

Côté valeurs, la plupart des semi-conducteurs européens ont terminé dans le vert, avec des bonds spectaculaires. AT&S Austria Technologie & Systemtechnik a pris près de 9 %, imité par Soitec et Osram, dans le sillage de l’optimisme autour des projets d’Anthropic. À l’inverse, Vinci, ADP et Eiffage ont perdu entre 0,74 % et 3,06 %, le gouvernement français ayant l’intention d’alourdir la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance dans le cadre du budget 2027, dont le projet sera dévoilé jeudi. Legrand s’est envolé de 6,08 % après avoir relevé ses objectifs à moyen terme. Le chocolatier suisse Lindt & Spruengli a plongé de 8,40 %, pénalisé par l’abaissement de sa prévision de croissance organique pour l’année.

Les chiffres du jour n’ont pas franchement rassuré. Aux États-Unis, les offres d’emploi ont reculé en août, à 7,079 millions contre 7,335 millions en juillet. La confiance des consommateurs américains s’est dégradée plus que prévu en septembre, à 81,9 contre 88,6 en août. En zone euro, le sentiment économique a fléchi de façon inattendue, à 97,9 après 98,4 en août, alors que les analystes attendaient 99,0. En France, la dette publique a atteint 119,0 % du PIB à la fin du deuxième trimestre, un niveau qui dépasse celui de la crise sanitaire liée au COVID-19.

Sur le marché des changes, le dollar poursuit son ascension face à un panier de devises de référence et teste des sommets de plusieurs mois, soutenu par les cours du pétrole et la remontée des rendements obligataires. Une grande banque d’investissement américaine prévoit désormais une vigueur du billet vert jusqu’à la fin de l’année et en 2027, alors qu’elle tablait auparavant sur une poursuite de sa baisse. Le dollar s’achemine vers une progression de 1,8 % sur le mois, sa meilleure performance depuis juin. L’euro recule de 0,33 %, à 1,1332 dollar, au plus bas depuis trois mois, la monnaie unique étant exposée à un choc énergétique mondial et à un risque politique croissant en Europe. La livre sterling s’échange à 1,3207 dollar, en baisse de 0,35 %, non loin d’un creux de trois mois atteint la semaine dernière.

Les taux n’ont pas arrangé les choses. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de 3,4 points de base, à 5,2784 %, tout près d’un sommet depuis 2007. La tension vient du renchérissement du pétrole et de données montrant une économie solide, ce qui pousse les marchés à anticiper des hausses de taux significatives de la part de la Fed. En zone euro, les rendements souverains ont marqué une pause mais restent élevés. Le Bund allemand à dix ans a cédé environ trois points de base, à 3,6143 %, après avoir grimpé la veille à un pic de dix-sept ans. L’OAT française de même échéance a fini à 4,8141 %, contre 4,7583 % à l’ouverture. L’écart entre les deux s’est creusé à 119,59 points de base, les enquêtes d’opinion donnant un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, quel que soit le scénario.

Le pétrole a reculé de son côté. Les investisseurs guettent les signes de reprise des exportations de brut au Moyen-Orient, alors que des représentants américains et iraniens se sont entretenus séparément avec des médiateurs dans le cadre d’un nouvel effort pour mettre fin à sept mois de guerre dans la région. Le Brent reflue de 0,76 %, à 104,48 dollars le baril, et le brut léger américain de 1,14 %, à 91,55 dollars. Sur l’ensemble du mois, les deux références devraient afficher des gains d’environ 14 % et 5,6 %.

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