Politique
Bardella dénonce une « guerre totale » et promet des plaintes après les messages de 2013
Mis en cause par une enquête portant sur des propos antisémites remontant à 2013, le président du Rassemblement national crie à la manipulation et annonce…

Mis en cause par une enquête portant sur des propos antisémites remontant à 2013, le président du Rassemblement national crie à la manipulation et annonce de nouvelles actions en justice. Marine Le Pen lui apporte un soutien sans réserve et prévient qu’une réponse viendra.
La scène se déroule devant les parlementaires du Rassemblement national et de leurs alliés de l’Union des droites pour la République. Jordan Bardella y fait son entrée aux côtés de Marine Le Pen, sous les applaudissements, et le ton est donné tout de suite. Le président du parti parle d’une « guerre totale » menée contre sa formation, d’une offensive qui ne fait que commencer. « Les prémices d’une guerre totale, de tentatives de déstabilisation de la campagne présidentielle qui vont, je vous l’annonce, nous cibler un à un », prévient-il devant ses troupes. Et d’ajouter, plus direct encore, que l’objectif poursuivi serait de « tuer ma carrière politique ».
À l’origine de cette colère, un article paru la veille, qui assure avoir authentifié des messages antisémites datant de 2013 et tirés de conversations privées. Des écrits que l’intéressé réfute. Devant ses élus, il s’en prend directement au média d’investigation à l’origine des révélations, qu’il décrit comme « un journal d’extrême gauche composé de fanatiques », prêt selon lui à employer tous les moyens, « y compris les plus déloyaux », pour faire barrage à une victoire à la présidentielle. Deux hypothèses sont avancées. Soit le journal a lui-même monté une « opération de barbouzerie », soit la manipulation a été organisée de l’extérieur et la rédaction s’est fait piéger.
Le patron du RN est convaincu que cette publication a été « préparée depuis plusieurs mois », probablement en anticipant un scénario où il aurait été candidat à l’élection présidentielle. Cette piste avait finalement été abandonnée début juillet, une décision de justice ayant permis à Marine Le Pen de se présenter. Lui qui est pressenti pour Matignon en cas de victoire assure avoir déjà déposé une plainte en diffamation, et annonce qu’il en ajoutera d’autres, pour faux et usage de faux, s’il existe des documents écrits.
Les propos en question remontent à plus de dix ans. On peut y lire notamment que « les banques sont toutes détenues », ou encore que « le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler », un sioniste étant forcément juif « et en profondeur ». Des phrases que Jordan Bardella conteste, alors que le média affirme les avoir vérifiées.
Marine Le Pen n’a pas tardé à réagir. La candidate à la présidentielle, donnée en tête des intentions de vote, promet de démontrer « qui est derrière cette manipulation » et prévient qu’elle ne compte pas « se laisser faire ». « Nous avons, lui et moi, enfilé nos costards en Kevlar, parce que là, c’est du lourd qui tombe », lance-t-elle, conseillant au média de s’équiper de la même façon. Elle dit sa « confiance absolue » en Jordan Bardella et prévient que les coups vont pleuvoir, jusqu’aux plus « dégueulasses », pour tenter d’entraver la dynamique de campagne.
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