Société
La fonction publique sort les banderoles et prévient le gouvernement
Des dizaines de milliers d’agents publics ont manifesté partout en France pour réclamer de meilleurs salaires et des moyens à la hauteur de leurs…


Des dizaines de milliers d’agents publics ont manifesté partout en France pour réclamer de meilleurs salaires et des moyens à la hauteur de leurs missions. A Paris, les pompiers ont défilé en cortège séparé, forts d’un été éprouvant.
Les rassemblements ont essaimé dans tout le pays. Huit organisations syndicales de la fonction publique, dont la CGT, FO, la CFDT, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP, ont appelé à la grève et organisé plus de 170 manifestations. Deux exigences reviennent dans chaque cortège, une revalorisation des salaires et des budgets qui collent enfin aux missions confiées aux services publics.
Le mouvement a pris très tôt. Près d’un agent sur dix de la fonction publique d’Etat avait cessé le travail, soit 9,64 %, contre 5,68 % dans la territoriale et 4,5 % du côté de l’hôpital. Chez les enseignants, la proportion grimpe à 13,71 %, un peu plus d’un sur dix. Le déclencheur est connu. Le gouvernement a choisi de geler une nouvelle fois le point d’indice dans son projet de budget 2027, une décision qui passe d’autant plus mal que l’inflation a déjà grignoté le pouvoir d’achat des agents depuis des années. Le budget doit être présenté dans deux jours.
Dans la capitale, le cortège s’est élancé de la place de la République. Sur les cartons, on lisait « Augmentez les salaires », « Blocage des prix » ou encore « Des hôpitaux aux assos, mêmes attaques, mêmes combats ». Dans les rangs, on scandait « Des moyens, des moyens, sinon ça sert à rien ». Jérôme, aide-soignant de 62 ans, est venu défendre les conditions de travail, l’avenir de l’hôpital public et celui de la fonction publique. Sa phrase résume l’état d’esprit général, « nous ne sommes pas une variable pécuniaire ».
Avant le départ du défilé, la secrétaire générale de la CGT a rappelé qui était en première ligne pendant les incendies et les pics d’activité, les pompiers, les soignants, les agents publics. Elle attend désormais « un geste clair » et adresse un avertissement à l’exécutif, avec la crainte qu’il « fasse encore une fois les poches aux travailleurs, aux retraités ». La numéro un de la CFDT a parlé de « survie des services publics » et de pouvoir d’achat, pour les fonctionnaires comme pour les contractuels. La CGT promet de son côté une « journée noire ».
Les pompiers ont formé un défilé à part, parti de la place d’Italie, avec une banderole où l’on lisait « Des moyens, pas des miracles », au milieu des pétards, des sirènes et des fumigènes. Beaucoup se sentent méprisés, faute de réponse concrète à leurs alertes, explique un animateur du collectif CGT des services départementaux d’incendie et de secours. Ces agents sortent d’un été particulièrement rude, marqué par des incendies d’une ampleur historique.
La mobilisation a aussi débordé des grandes villes. Près de 6 000 personnes ont marché à Lyon. A Marseille, les comptages ne se ressemblent pas du tout, avec plusieurs dizaines de milliers de participants annoncés côté syndical et quelques milliers côté autorités, lycéens compris. A Nantes, des pancartes clamaient « Ras-le-bol des bas salaires » ou « La France crame, vos pompiers avec ». Une agente de mairie de 47 ans, presque 26 ans de maison, raconte son salaire de 1 700 euros et parle de honte.
La journée a également été marquée par des blocages de lycées, nés la semaine précédente en banlieue parisienne. Plus de 330 établissements étaient concernés. Côté transports, les grandes lignes et le réseau francilien n’ont été touchés que de façon ponctuelle.
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