Société
Les lycées en colère ne comptent pas s’arrêter
Des centaines d’établissements bloqués, des interpellations par dizaines et une contestation qui gagne les universités. Parti d’Île-de-France, le…


Des centaines d’établissements bloqués, des interpellations par dizaines et une contestation qui gagne les universités. Parti d’Île-de-France, le ras-le-bol lycéen refuse de retomber et appelle à remettre ça.
Le mouvement est né la semaine dernière en Île-de-France, autour de trois griefs bien identifiés. Le manque de moyens, l’impossibilité de remplacer les professeurs absents et la dégradation des conditions dans lesquelles les élèves travaillent. De là, la contestation a essaimé dans toute la France, jusqu’à rejoindre le front des agents de la fonction publique mobilisés le même jour.
À la manœuvre, l’Union syndicale lycéenne ne cache pas ses exigences. L’organisation réclame des remplacements de professeurs, davantage de moyens et des conditions d’apprentissage décentes. Elle veut surtout être reçue sans tarder par le ministère de l’Éducation nationale, et appelle à reconduire les blocages jeudi.
Les comptages divergent nettement. Côté lycéens, on revendique 400 établissements bloqués sur les quelque 3.700 que compte le pays. Le ministère, lui, a recensé 316 établissements encore affectés, dont 40 bloqués et 44 visés par des blocages, sur 338 touchés au total. Les autorités ont aussi fait état de 40 interpellations et de 10 blessés, élèves comme personnels.
La journée a été émaillée de heurts dans plusieurs académies. Dans le Rhône, 41 personnes ont été interpellées. Dans les Alpes-Maritimes, 18 lycées ont été touchés, dont sept à Nice, avec une cinquantaine d’interpellations aboutissant à 34 gardes à vue. Huit lycéens et sept policiers ont été légèrement blessés, après des inhalations de fumée, des tirs de pétards ou des rixes. À Saint-Denis, devant le lycée Paul-Éluard, une interpellation jugée injustifiée a mis le feu aux poudres. Un mouvement de foule a suivi, et des policiers ont porté plusieurs coups de bouclier à des lycéens ainsi qu’à une journaliste. Une chaîne d’information a annoncé porter plainte après que ses équipes ont été bousculées et insultées.
En Île-de-France, 75 établissements ont été perturbés, dont 20 touchés par des violences ou des dégradations, la région chiffrant les dégâts à 200.000 euros. L’enseignement supérieur a lui aussi basculé, avec plusieurs universités bloquées à Clermont-Ferrand, Poitiers, Toulouse et Villeneuve-d’Ascq, sans oublier Lyon 2 et Sciences Po Lyon. Des tentatives ont également eu lieu à Paris et à Nice.
À sept mois de la présidentielle, la politique s’invite dans les cortèges. Des responsables de La France insoumise se montrent devant les lycées mobilisés, promettant notamment l’abrogation de Parcoursup. Le Premier ministre a dénoncé une surenchère irresponsable, quand la présidente de la région Île-de-France a comparé ces élus à des pompiers pyromanes et fustigé une instrumentalisation politique. Jean-Luc Mélenchon a répliqué en assumant la présence de son camp aux portes des établissements, et le maire de Saint-Denis a estimé que la violence pouvait, parfois, être légitime, avant de nuancer en préférant toujours l’éviter.
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