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Le remboursement des protections réutilisables démarre et cette marque française tourne à plein régime

Dès jeudi, les culottes et coupes menstruelles achetées en pharmacie seront prises en charge par l’Assurance maladie pour une large partie des femmes.…

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Le remboursement des protections réutilisables démarre et cette marque française tourne à plein régime

Dès jeudi, les culottes et coupes menstruelles achetées en pharmacie seront prises en charge par l’Assurance maladie pour une large partie des femmes. Chez Elia, qui coud ses modèles dans le Gard, la nouvelle a lancé une course contre le calendrier.

Le compte à rebours touche à sa fin. À partir de jeudi, les protections périodiques réutilisables vendues en officine basculent dans le giron de l’Assurance maladie. Les femmes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, soit 6,7 millions de personnes, n’auront plus rien à débourser, carte Vitale et mutuelle en main. Seules les culottes et les coupes menstruelles sont concernées, à condition d’être achetées en pharmacie.

Pour Marion Goilav, cofondatrice d’Elia, la mesure ressemble à « une avancée majeure contre la précarité menstruelle ». Le besoin est bien là. Une étude menée en novembre 2025 auprès de 4 002 adultes montre qu’une femme sur dix se rabat sur des alternatives faute d’argent, du coton ou de vieux vêtements déchirés.

Dans les ateliers, l’ambiance sent la précipitation. « Rush incroyable », résume la cofondatrice. Chez Eminence, partenaire de la marque à Sauve, dans le Gard, les salariées ne cousent plus qu’un seul modèle. Une culotte noire en coton biologique, au design dépouillé, pensée pour tenir son rang sur les rayonnages des pharmacies. La production atteint 2 000 pièces par jour, et l’entreprise a recruté 55 commerciaux pour frapper aux portes des officines.

Le vrai combat se joue d’ailleurs là, sur les étagères. Les marques qui fabriquent à bas coût en Asie peuvent offrir aux pharmaciens des marges nettement plus confortables. Elia, elle, est bridée par l’arrêté qui encadre le prix. Compter 9,40 euros pour sortir une culotte des ateliers, et pas plus de 14,40 euros hors taxes à la revente, soit 19 euros TTC. « On ne peut plus dire que le made in France est cher puisqu’il est remboursé », sourit Marion Goilav. Elle regrette tout de même que les pouvoirs publics n’aient pas poussé plus loin les mesures protectionnistes.

Le savoir-faire hexagonal, insiste la marque. Tricotage, découpe, assemblage, tout se fait en France, y compris la partie absorbante, invisible, dans un coton bio certifié. Pour Kader Lasla, directeur de l’usine, adapter la fabrication aux exigences des pharmacies a représenté « un défi industriel ». « Il a fallu réduire les coûts en gardant la qualité », complète la cofondatrice. Dans le laboratoire d’Aimargues, toujours dans le Gard, les culottes subissent un véritable calvaire. Étirées, frottées, lessivées à haute dose, pour mesurer leur résistance et leur durabilité.

Les normes officielles, justement, laissent Elia sur sa faim. Le cahier des charges publié au Journal officiel « couvre le strict minimum en termes d’absorption, de résistance et d’innocuité », déplore Marion Goilav. Ses produits encaissent des flux allant jusqu’à 30 ml là où l’Assurance maladie n’en réclame que 20. Ils tiendraient 300 lavages quand la référence s’arrête à 52, soit huit mois d’usage en moyenne. La marque assure aussi avoir passé au crible 600 substances nocives, Pfas compris, pour rassurer celles qui portent ces culottes au plus près du corps.

La mesure ne fait pourtant pas l’unanimité chez ceux qui la réclamaient. Les associations féministes et les syndicats étudiants l’ont saluée au printemps, quand elle a été formalisée en avril, avant de la juger trop maigre. En cause, le plafond de deux produits remboursés par an, culottes ou cups.

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