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Huit mois en mer, des marins épuisés et une polémique qui enfle autour de l’USS Abraham Lincoln

Déployé depuis plus de huit mois au Moyen-Orient, le porte-avions Abraham Lincoln voit ses conditions de vie dénoncées par les familles et des sénateurs.…

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Huit mois en mer, des marins épuisés et une polémique qui enfle autour de l'USS Abraham Lincoln

Déployé depuis plus de huit mois au Moyen-Orient, le porte-avions Abraham Lincoln voit ses conditions de vie dénoncées par les familles et des sénateurs. Entre pénuries, problèmes de santé mentale et missions prolongées, l’équipage attend une relève.

Parti de San Diego en novembre 2025, ce géant des mers devait rejoindre la mer de Chine méridionale. Les ordres ont vite changé. Quelques semaines avant le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le 28 février, le navire a été redirigé vers le Moyen-Orient. Depuis, il reste sur zone. Plus de 260 jours en mer, bien au-delà des six mois qui servent habituellement de limite pour préserver les équipages.

Sur place, la routine devient un chemin de croix. Jonathan Schroden, chercheur au Centre d’analyses navales, décrit des espaces de vie minuscules, des journées de travail épuisantes, une nourriture peu réjouissante et très peu de moments pour prendre l’air, faire du sport ou dormir correctement. Il faut ajouter la pression des opérations de combat, avec un porte-avions constamment menacé. Le spécialiste rappelle que les missions longues entraînent toute une cascade de problèmes, dont des coûts de maintenance plus lourds.

Les signaux d’alerte se multiplient. Des familles ont interpellé des responsables de la Marine pour parler des pénuries alimentaires que subissent les 5 000 personnes embarquées. Elles réclament aussi une date de retour. Des sénateurs démocrates, comme Ruben Gallego et Richard Blumenthal, ont pris le relais. Le premier demande une visite officielle du Sénat à bord. Le second évoque des rapports sur l’eau contaminée, la plomberie défaillante, la dégradation de la santé mentale et des problèmes de sécurité sur le pont.

Côté commandement, on tempère. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth assure que tout est fait pour fournir aux navires et aux équipages ce dont ils ont besoin, et juge la situation caricaturée. Deux marins auraient tenté de se donner la mort en se jetant par-dessus bord. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient affirme, lui, qu’aucun militaire n’est mort à bord et qu’un marin tombé à la mer le 3 août a été secouru rapidement. L’équipage, ajoute-t-il, reste résilient et déterminé.

Le problème ne concerne pas que l’Abraham Lincoln. Le porte-avions Gerald Ford est resté 326 jours en mer, entre des opérations dans les Caraïbes, dont la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, et un déploiement au Moyen-Orient. À son bord, un incendie dans la buanderie a blessé deux marins et endommagé une centaine de couchettes. Des problèmes de toilettes ont aussi été rapportés. Autant de signes que la marine américaine pousse ses navires au maximum, et que les équipages en paient le prix.

Pour l’instant, l’Abraham Lincoln assure encore ses missions. Mais chaque jour passé en mer accumule les difficultés, pour les machines comme pour les hommes. Une relève est attendue avec le porte-avions USS George Washington. La question est de savoir si elle arrivera avant que la situation ne se dégrade encore.

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