Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Colombie trois jours après le séisme, l’espoir résiste sous les décombres

Le bilan s’alourdit en Colombie avec 273 morts et des centaines de disparus. Les secouristes continuent pourtant de fouiller les ruines, malgré…

Article

le

Colombie trois jours après le séisme, l'espoir résiste sous les décombres

Le bilan s’alourdit en Colombie avec 273 morts et des centaines de disparus. Les secouristes continuent pourtant de fouiller les ruines, malgré l’épuisement du délai critique de 72 heures.

Trois jours après le tremblement de terre le plus meurtrier qu’ait connu la Colombie depuis le début du siècle, les équipes de secours poursuivent leur travail dans l’espoir de retrouver des survivants. Mais chaque heure qui passe rend la tâche plus difficile. Les pelleteuses commencent à retirer les gravats dans les zones où plus aucune présence humaine n’est espérée, tandis que les bénévoles et les chiens renifleurs continuent de sonder les amas de béton.

Le dernier bilan communiqué par les autorités fait état de 273 morts, plus de 3 800 blessés et 377 disparus. Des immeubles entiers se sont effondrés à Cali, la troisième ville du pays, et à Pereira, dans la région du café. Lundi, un séisme de magnitude 7,4 a tout détruit sur son passage, y compris des hôpitaux et des écoles. Le délai des 72 heures, celui pendant lequel il est encore possible de trouver des rescapés vivants, est désormais dépassé. Pourtant, l’envie de croire reste intacte. Diego Sandoval, un bénévole de 22 ans, explique que les gens ont une force de volonté qui leur permet de tenir plusieurs jours sous les décombres. Près d’un immeuble effondré de Pereira, les secouristes pensent avoir entendu des bruits venant d’un ascenseur.

Dans les quartiers les plus touchés, l’odeur des corps en décomposition envahit l’air. Valeria Cardona, une étudiante de 26 ans, recherche deux de ses cousins à Cali. Elle dit avoir une idée de l’endroit où ils se trouvent mais aucune preuve qu’ils soient en vie. L’espoir est la dernière chose qui se perd, confie-t-elle, mais l’angoisse d’une mauvaise nouvelle grandit. Martha Pérez, 60 ans, attend devant un immeuble des nouvelles de sa tante et de sa cousine, qui vivaient au premier étage. Elle décrit un sentiment d’impuissance total. Depuis trois jours, la solidarité locale ne faiblit pas, avec des milliers de personnes qui apportent de l’eau, de la nourriture et des médicaments.

Les besoins sont immenses. Près de 13 000 logements ont été détruits et des familles entières dorment dehors depuis trois nuits, sur les trottoirs ou dans les parcs. Le président Abelardo de la Espriella, arrivé au pouvoir trois jours avant la catastrophe, a décrété l’état d’urgence économique. Cette mesure lui permet de créer des impôts et de modifier le budget. Il a aussi annoncé un fonds alimenté par des contributions internationales. La gouverneure du Valle del Cauca, Dilian Francisca Toro, insiste sur l’urgence de trouver des solutions de logement. Du côté de l’épicentre, près de San José del Palmar, dans le département pauvre du Choco, les secours ont arrêté les recherches pour se concentrer sur l’aide humanitaire. Les autorités ont demandé aux guérillas locales de laisser passer les vivres et les équipes gouvernementales.

La gestion de la catastrophe suscite des critiques. La Colombie n’a accepté que des équipes de secours venues des États-Unis, du Salvador, de l’Équateur et d’Israël. Le gouvernement affirme pourtant que l’aide étrangère est gérée sans considération politique. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a regretté que ses brigades militaires, pourtant expérimentées, n’aient pas pu être mobilisées faute de certification. Le Mexique a toutefois envoyé des aliments et des médicaments.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus