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Les juges français sonnent l’alerte contre leur ministre

Le meurtre de la petite Lyhanna a ravivé un violent conflit entre les magistrats et Gérald Darmanin. Accusé de les désigner comme boucs émissaires, le…

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Les juges français sonnent l’alerte contre leur ministre

Le meurtre de la petite Lyhanna a ravivé un violent conflit entre les magistrats et Gérald Darmanin. Accusé de les désigner comme boucs émissaires, le garde des Sceaux est désormais sommé de répondre de ses propres manques.

Le ton est monté d’un cran à la Chancellerie. Vendredi, l’Union syndicale des magistrats, qui pèse 60% de la profession, a vidé son sac face au ministre. Dans une réunion sans lui, son représentant Aurélien Martini a dénoncé une attitude qui relève selon lui du cynisme et de la démagogie. Le constat est sans appel Gérald Darmanin a perdu la confiance de ses troupes en les exposant à la colère publique après le drame. Le syndicat rappelle que la responsabilité des juges n’est pas sacrée mais que celle du ministre non plus.

La tension ne se limite pas à une seule organisation. Le président du tribunal de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a pris la parole pour défendre l’indépendance de la justice. Il a mis en garde contre les propositions simplistes qui visent à charger les magistrats et a pointé du doigt le retard des pouvoirs publics à doter la France d’une justice à la hauteur. La veille, les deux plus hauts magistrats du pays, Rémy Heitz et Christophe Soulard, avaient déjà alerté sur la mécanique du bouc émissaire et rappelé que la protection de l’enfance traverse une crise systémique.

Au cœur du reproche, le manque de moyens. L’USM souligne que le ministre savait depuis au moins juin 2023 que les services étaient sous-dimensionnés pour traiter les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes il y a quatre fois moins de procureurs en France que la moyenne européenne. En un an, Darmanin a envoyé 64 dépêches et circulaires, bientôt 50 de plus en 2026. Trop de priorités tuent la priorité, résume Aurélien Martini. Son avertissement est clair sans moyens suffisants, d’autres drames sont à prévoir.

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