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Les vacances sont finies pour les marchés financiers

Les tensions géopolitiques, l’inflation alimentaire et la santé du consommateur américain occupent les investisseurs en plein été. Voici ce qu’il faut…

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Les vacances sont finies pour les marchés financiers

Les tensions géopolitiques, l’inflation alimentaire et la santé du consommateur américain occupent les investisseurs en plein été. Voici ce qu’il faut surveiller dans les jours à venir.

L’été n’apporte aucun répit aux marchés. Les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine s’invitent dans toutes les équations, et les investisseurs doivent jongler entre les prix de l’énergie, l’inflation et les décisions des banques centrales. La pause estivale traditionnelle est bel et bien annulée, et les prochains jours s’annoncent chargés.

La crainte d’une nouvelle flambée des prix alimentaires revient sur le devant de la scène. Le phénomène El Niño, particulièrement intense cette année, menace les récoltes. S’y ajoutent la hausse des coûts de l’énergie, des pénuries d’engrais liées au conflit au Moyen-Orient et des perturbations dans les livraisons de céréales à cause de la guerre en Ukraine. L’Asie et l’Amérique latine sont les régions les plus exposées, car l’alimentation y pèse lourd dans le budget des ménages. L’Inde en fait déjà les frais. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a averti d’une nouvelle vague d’inflation alimentaire. JPMorgan estime qu’un El Niño puissant pourrait ajouter environ 0,7 point de pourcentage à l’inflation alimentaire mondiale à son apogée. De quoi obliger les banques centrales à rester sur leurs gardes.

Autre sujet d’attention, les résultats financiers des grands distributeurs américains. Walmart, Home Depot, Target, Lowe’s et Deere & Co publient leurs comptes dans les prochains jours. Ces chiffres diront si les ménages américains tiennent le choc face à la hausse des prix de l’essence et à l’incertitude géopolitique. Le prix du gallon dépasse quatre dollars, mais l’inflation ralentit dans les autres secteurs. Les investisseurs guetteront un changement de comportement d’achat, par exemple un recentrage sur les produits de première nécessité. Home Depot et Lowe’s montreront si les projets de rénovation sont freinés par les taux d’emprunt. Deere révélera comment les agriculteurs vivent la hausse de leurs coûts. La question centrale reste de savoir si les entreprises jugent ces pressions gérables ou si elles menacent leurs marges.

Le Japon est aussi dans le viseur. Les chiffres du produit intérieur brut pour le trimestre avril-juin doivent être publiés, avec une progression attendue de 2% en rythme annualisé, ce qui ferait trois trimestres positifs d’affilée. Mais la guerre au Moyen-Orient frappe le pays de plein fouet, avec des coûts pétroliers qui grimpent et un yen qui s’affaiblit. Résultat, la Banque du Japon est pressée d’agir pour contenir l’inflation et protéger la monnaie. Les marchés parient sur une hausse de 25 points de base le mois prochain, ce qui porterait son taux directeur à 1,25%. Après un statu quo en juillet et une hausse en juin, le mouvement se précise.

L’or, de son côté, redevient un refuge prisé. Après une chute de 25% en trois mois, le métal jaune a rebondi de près de 10% depuis son creux de fin juin, autour de 3.965 dollars, pour s’échanger à environ 4.344 dollars l’once. Ce retour en grâce s’explique par une inflation qui semble sous contrôle et par l’idée que la Réserve fédérale américaine n’augmentera pas ses taux. Les fonds négociés sur l’or attirent à nouveau des capitaux après quatre mois de sorties. Surtout, les banques centrales ont acheté 289 tonnes au deuxième trimestre, une quantité record pour cette période, selon le World Gold Council.

Enfin, le Royaume-Uni retient son souffle. Les données sur l’inflation et le chômage seront publiées après des chiffres du PIB meilleurs que prévu pour juin. L’inflation avait ralenti à 2,6% sur un an, portée par une accalmie des prix de l’énergie. Mais la reprise des hostilités au Moyen-Orient a fait remonter le prix du pétrole, ce qui pourrait pousser l’inflation à la hausse en juillet. S’ajoute une canicule qui perturbe la production alimentaire, et plusieurs chaînes de supermarchés britanniques ont prévenu d’un choc sur les prix. Le coût de la vie est une priorité pour le nouveau Premier ministre Andy Burnham, et la Banque d’Angleterre, qui a laissé son taux directeur à 3,75% en juillet, devra surveiller tout débordement. Les marchés ont réduit leurs paris sur une hausse des taux d’ici la fin de l’année, mais sans l’écarter complètement.

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