Politique
Nuñez monte au créneau sur les violences sexuelles et promet de répondre aux critiques
Face à la colère des policiers, le ministre de l’Intérieur annonce une réponse constructive mais prévient qu’il contestera certains faits. Il mise sur des…


Face à la colère des policiers, le ministre de l’Intérieur annonce une réponse constructive mais prévient qu’il contestera certains faits. Il mise sur des embauches et des formations pour redresser l’investigation.
Laurent Nuñez ne laissera rien passer. Le ministre de l’Intérieur a réagi jeudi à la note très critique que lui a adressée son homologue de la Justice, Gérald Darmanin, sur la manière dont les violences sexuelles commises sur des mineurs sont traitées. Il a affirmé vouloir répondre à chaque point, et prévient qu’il compte bien réfuter plusieurs constats. Une réunion avec les services de police et de gendarmerie était d’ailleurs prévue dans la journée pour aborder ces observations, dans un esprit qu’il veut constructif, sans chercher la polémique.
Derrière cette mise au point, il y a une affaire qui a ébranlé l’opinion. Celle de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte en juin dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen pour viol et meurtre d’une mineure, mais il avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur des jeunes filles sans être inquiété. Une note de douze pages, datée du 29 juillet, a ensuite compilé les remontées des généraux sur ce dossier. Elle évoque des procédures égarées, des enquêtes laissées à l’abandon, un manque d’effectifs et de formation. Les syndicats de police sont montés au créneau, dénonçant une trahison de l’ancien ministre de l’Intérieur. Laurent Nuñez, lui, affirme que les chiffres annoncés sur les dossiers perdus sont à nuancer.
Le ministre reconnaît toutefois des difficultés réelles dans ce secteur. Il parle d’une filière investigation en souffrance et rappelle qu’un plan de revalorisation a été lancé, avec des indemnités votées dans le budget 2026 et reconduites l’année suivante. Il promet aussi la création de 700 emplois dans cette filière, puis 700 de plus en 2027. Pour renforcer la confiance entre les enquêteurs et les parquets, il insiste sur la nécessité d’un travail en bonne intelligence. Il met également en avant les avancées déjà réalisées, comme les 400 salles Mélanie où les jeunes victimes peuvent livrer leur parole, et la formation de 20.000 policiers et 20.000 gendarmes sur ces questions. Des signaux qu’il veut positifs, alors que le sujet reste très sensible pour les familles et pour l’institution.
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