Politique
La nostalgie de la RDA inquiète Berlin et profite à l’extrême droite
À l’approche de scrutins régionaux, Berlin dénonce une idéalisation du passé communiste et prévient contre les dangers de l’oubli. La mémoire du Mur reste…


À l’approche de scrutins régionaux, Berlin dénonce une idéalisation du passé communiste et prévient contre les dangers de l’oubli. La mémoire du Mur reste un champ de bataille politique.
Le gouvernement allemand hausse le ton. Jeudi, lors d’une cérémonie marquant les 65 ans de la construction du Mur de Berlin, le ministre de la Culture, Wolfram Weimer, a mis en garde contre la tentation d’embellir la RDA. Il a dénoncé la volonté des extrémistes de gauche comme de droite de minimiser délibérément les crimes du régime communiste. Selon lui, ce régime était une dictature brutale, privée d’élections libres, de liberté de la presse et de liberté de circulation, mais dotée de la Stasi, de cachots et de bandes de la mort le long du Mur.
La nostalgie du régime communiste gagne du terrain, et certains responsables s’inquiètent de cette amnésie collective. Evelyn Zupke, chargée des victimes du SED au Bundestag, a regretté que la RDA paraisse de plus en plus belle à mesure que le temps passe, au point d’occulter la réalité de la vie quotidienne à l’époque. Plus de cent personnes ont trouvé la mort en tentant de franchir le Mur à Berlin. Le chancelier Friedrich Merz a rappelé que la liberté et la démocratie ne sont jamais acquises et qu’il faut sans cesse les défendre.
Plus de trente-cinq ans après la réunification, les blessures restent ouvertes entre l’Ouest et l’Est. Dans l’ancienne Allemagne communiste, l’AfD, parti anti-immigration, prorusse et proche de Donald Trump, domine les sondages. Il s’appuie sur le sentiment d’injustice de nombreux habitants qui se considèrent comme des citoyens de seconde zone, éclipsés par l’Ouest et par les immigrés. Les statistiques économiques montrent pourtant un rattrapage, avec un écart de revenus qui se réduit, mais le ressenti ne suit pas.
Aux élections régionales de Saxe-Anhalt, de Berlin et du Mecklembourg-Poméranie, l’AfD est attendue en forte hausse. Son candidat Ulrich Siegmund, qualifié d’homme le plus dangereux d’Allemagne par un magazine, pourrait devenir le premier chef de gouvernement régional d’extrême droite depuis la fondation de la République fédérale. Il cultive l’ostalgie en chantant l’hymne de la RDA et en organisant des virées en moto Simson, un symbole de l’identité est-allemande.
La présidente du Bundestag, Julia Kloeckner, a souligné l’empreinte durable du Mur sur les parcours individuels. Elle a reconnu que la réunification a été source de déception et de désillusion pour de nombreux Allemands de l’Est, confrontés à un chômage de masse et à la fermeture de nombreuses entreprises. Pour les Allemands de l’Ouest, la réunification n’a pas changé grand-chose, mais pour les Allemands de l’Est, tout a changé.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 7 joursÀ Ceuta, des centaines d’enfants migrants dorment à la rue, livrés à tous les dangers



Faits DiversEn Ligne 1 jourLa Gironde suffoque face à un incendie qui atteint les portes de Bordeaux



SociétéEn Ligne 5 joursViolences sexuelles sur mineurs le chantier immense qui attend la justice



Faits DiversEn Ligne 6 joursPlainte pour emploi fictif à la RATP le maire de Saint-Denis dans le viseur de la justice



PlanèteEn Ligne 3 joursLe 12 août la Lune grignotera le Soleil en France voici comment bien en profiter



PolitiqueEn Ligne 4 joursLe vrai moteur de la campagne de Marine Le Pen, c’est son clan familial



SportsEn Ligne 5 joursPauline Ferrand-Prévot malade, la championne en titre quitte le Tour de France femmes



ÉconomieEn Ligne 5 joursAu Porge, les vacances sont restées dans les cendres








