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« C’est parce que je suis indien » lance le premier président autochtone de la Cour suprême du Mexique

Hugo Aguilar est devenu le premier Indigène à présider la plus haute juridiction mexicaine depuis Benito Juarez. Sa victoire doit beaucoup à une réforme…

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"C'est parce que je suis indien" lance le premier président autochtone de la Cour suprême du Mexique

Hugo Aguilar est devenu le premier Indigène à présider la plus haute juridiction mexicaine depuis Benito Juarez. Sa victoire doit beaucoup à une réforme contestée, mais les attaques contre lui ne visent ni ses jugements ni sa compétence.

Hugo Aguilar n’est pas un magistrat ordinaire. Ce juriste de 53 ans, né dans un village mixtèque de l’Etat d’Oaxaca, vient de prendre la tête de la Cour suprême du Mexique. Une première depuis Benito Juarez, au XIXe siècle. Son arrivée doit tout à la réforme judiciaire qui a fait passer le pays aux élections des juges au suffrage universel, une expérience que le reste du monde observe avec méfiance. Lui-même le dit sans détour. Sans cette réforme, il ne serait jamais devenu président de cette institution.

Cette nomination ne passe pas inaperçue. Les critiques n’épargnent ni sa chemise traditionnelle brodée, ni ses chaussures, ni même sa coiffure. Hugo Aguilar reste serein face à ces attaques. Pour lui, elles sont avant tout racistes. On lui reproche d’être Indigène, on laisse entendre qu’il manque de compétences, de connaissances, d’aptitudes. Il balaie ces accusations d’un revers de la main. Son parcours d’avocat, dédié à la défense des peuples autochtones, parle pour lui. Il sait pourquoi on l’attaque. Ce n’est pas son travail qu’on remet en cause, c’est son origine.

Le nouveau président de la Cour ne renie rien de ses racines. Sa guayabera blanche est brodée par sa mère, comme un lien avec son enfance mixtèque. Il parle des cérémonies pour appeler la pluie, de ces demandes de permission adressées à la terre avant de la cultiver. Il ne veut pas que le pouvoir l’éloigne de tout cela. Sa mère lui a dit que s’il changeait, il ne pourrait plus revenir au village. Une idée qu’il refuse. Il veut rester le même, fidèle à son histoire.

Le chantier qui l’attend est immense. Le système judiciaire mexicain souffre d’une image désastreuse, marquée par la corruption et l’impunité. Hugo Aguilar ne le nie pas. Il évoque l’insécurité et le sentiment d’impuissance des citoyens ordinaires. Sa mission, dit-il, consiste à nettoyer les vices du système en commençant par le sommet. Les experts et l’opposition redoutent une politisation de la justice, voire des pressions du crime organisé et des grandes entreprises sur les juges élus. Lui balaie ces craintes, assurant que la Cour ne versera jamais dans l’activisme judiciaire. Il admet que les changements seront lents et qu’il ne verra pas tout aboutir. Mais il se félicite déjà d’un premier résultat, la réduction des délais de procédure, et espère que l’exemple viendra d’en haut pour se diffuser jusqu’en bas.

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