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Le latiao, l’en-cas chinois qui fait craquer le monde

Inventé après des inondations en 1998, ce snack épicé à base de blé séduit des millions de palais hors de Chine. Pourtant, sa réputation d’aliment…

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Le latiao, l'en-cas chinois qui fait craquer le monde

Inventé après des inondations en 1998, ce snack épicé à base de blé séduit des millions de palais hors de Chine. Pourtant, sa réputation d’aliment industriel peu sain reste un défi de taille.

Dans une immense usine du Hunan, des centaines d’ouvriers en blouse blanche surveillent des machines qui transforment des tonnes de pâte de blé en lamelles rougeâtres. Le résultat ressemble à de longues frites aplaties, à la fois élastiques, sucrées et très épicées. C’est le latiao, littéralement « bande épicée », un aliment de secours né en 1998 à Pingjiang après des inondations dévastatrices qui avaient anéanti les récoltes de soja. À l’époque, il fallait nourrir la population avec ce qui restait. Aujourd’hui, cette invention modeste est devenue une véritable industrie.

Le produit a envahi les supermarchés chinois et commence à s’exporter massivement. L’usine de Mala Wangzi, où s’est rendue l’AFP, en produit environ 700 tonnes par jour, et le vice-président de l’entreprise assure que le latiao part désormais vers plus de 160 pays. Weilong, le premier producteur chinois coté à Hong Kong, a vu ses exportations atteindre 117 millions de yuans l’an dernier, soit une progression de près de 50% par rapport à 2024. Sur les réseaux sociaux, le phénomène explose. Des vidéos d’influenceurs non chinois qui goûtent cette spécialité pour la première fois cumulent des millions de vues sur TikTok et Instagram. Une vidéaste australienne, dont la vidéo a été vue 2,6 millions de fois, lance un simple conseil aux curieux. Si on aime les épices, on devrait adorer.

Mais le latiao traîne une réputation de malbouffe, fabriquée dans des conditions parfois douteuses. Beaucoup de parents chinois s’en méfient, comme le raconte une jeune Pékinoise de 22 ans qui se souvient des avertissements sur les additifs. Les fabricants tentent de redorer l’image de leur produit. Dans l’usine de Mala Wangzi, une employée filmait en direct l’atelier pour prouver sa propreté, et la direction affirme avoir adopté les normes de l’industrie pharmaceutique. Les recettes changent aussi, avec moins d’huile, de sel, de sucre et d’additifs. Pour séduire les jeunes, les marques multiplient les opérations de communication, des musées éphémères aux tournois de jeux vidéo, sans oublier plus de 4 000 mariages organisés sur le thème du latiao. Certains jeunes l’assument comme un plaisir réconfortant, d’autres y ont renoncé pour une vie plus saine. L’avenir de cet en-cas dépendra de sa capacité à se défaire de son étiquette, en Chine comme à l’étranger.

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