Europe
Merz promet la fermeté contre l’antisémitisme et veut barrer la route à la gauche radicale à Berlin
Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, le chancelier allemand reconnaît la montée des actes antisémites dans son pays et jure de la combattre. Il…

Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, le chancelier allemand reconnaît la montée des actes antisémites dans son pays et jure de la combattre. Il presse aussi les Verts et les sociaux-démocrates d’empêcher l’élection d’une maire issue de Die Linke dans la capitale.
Trois ans après le 7 octobre 2023, Friedrich Merz a choisi de parler sans détour. Cette journée reste la plus meurtrière de l’histoire d’Israël, avec 1.221 morts lors de l’assaut du Hamas. Mercredi, à l’occasion de cet anniversaire, le chancelier a rendu hommage aux victimes et reconnu un problème que l’Allemagne a longtemps eu du mal à nommer. Les actes antisémites se multiplient dans le pays et, trop souvent, passent sous silence. Le gouvernement fédéral, promet-il, mettra tous les moyens à sa disposition pour les combattre. Il s’est également dit favorable à une solution à deux États, dans un pays qui reste, en raison de sa responsabilité historique dans la Shoah, l’un des tout premiers soutiens d’Israël.
Le contexte politique rend le sujet encore plus brûlant. Berlin a voté fin septembre et Die Linke est arrivée en tête, devant les conservateurs de Merz. Depuis, le parti de gauche radicale traîne un scandale sur ses liens supposés avec des militants propalestiniens radicaux. Merz a donc interpellé les Verts et les sociaux-démocrates, partenaires potentiels de coalition dans la capitale, en les appelant à assumer leurs responsabilités et à empêcher l’élection d’une maire Die Linke à Berlin. Une manière de placer ses adversaires devant un choix embarrassant, entre alliances locales et bataille nationale sur la mémoire.
Die Linke, elle, refuse d’endosser l’accusation. Le parti, comme sa candidate à la mairie, affirme prendre la lutte contre l’antisémitisme au sérieux, au même titre que la lutte contre l’islamophobie ou l’homophobie. Il dénonce dans le même temps les crimes commis à Gaza et en Cisjordanie, un équilibre délicat qui alimente la méfiance à son égard. La question divise d’autant plus que l’AfD, parti d’extrême droite accusé de proximité avec la mouvance néonazie, progresse dans le pays.
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Les signalements d’actes antisémites ont grimpé de 80 % en 2024 par rapport à l’année précédente. À Gaza, l’offensive israélienne menée en représailles a causé la mort de plus de 74.200 personnes, un bilan jugé fiable par les Nations unies.
En soirée, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de la capitale, keffieh sur les épaules et pancartes à la main. Parmi elles, la militante climatique suédoise Greta Thunberg. Les slogans dénonçaient un « génocide » commis par Israël et l’inaction supposée de l’Allemagne. Face à ce cortège, des contre-manifestants brandissaient des drapeaux israéliens et fustigeaient « l’antisémitisme de la gauche ».
La marche s’est déroulée sans incident majeur. Elle a tout de même été dissoute en début de soirée, une heure plus tôt que prévu, en raison de plusieurs infractions. Jara, une militante présente sur place, a vu son affiche confisquée. Elle y avait écrit que les humains avaient le droit d’exister, mais pas les États. À ses yeux, Israël abuse d’un droit à l’autodéfense « prétendu » pour exterminer le peuple palestinien.
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