Politique
Trump gagne un superpouvoir de licenciement… mais pas sur la Fed
La Cour suprême vient de donner au président américain le droit de virer les patrons d’agences indépendantes sans justification. Mais elle lui a mis un…


La Cour suprême vient de donner au président américain le droit de virer les patrons d’agences indépendantes sans justification. Mais elle lui a mis un frein sur la banque centrale, protégeant ainsi l’indépendance de la politique monétaire.
Donald Trump adore virer les gens. Son célèbre « You’re fired » n’est pas juste un slogan de téléréalité, c’est devenu une méthode de gouvernement. Depuis son retour à la Maison Blanche, il a limogé à tout-va, y compris une gouverneure de la Réserve fédérale, du jamais vu. Mais ces coups de balai se sont heurtés à la justice, jusqu’à la Cour suprême. Ce lundi, la haute cour a tranché et le verdict est en deux temps.
D’un côté, une victoire retentissante pour le président. Par 6 voix contre 3, les juges ont cassé une jurisprudence vieille de 90 ans qui interdisait à un chef d’État de renvoyer un responsable d’agence indépendante sans motif valable. Concrètement, Trump peut désormais remercier à sa guise les dirigeants d’organes comme la Federal Trade Commission, l’autorité de la concurrence. Le premier concerné ? Rebecca Slaughter, une commissaire démocrate que le président avait tenté de virer. La Cour lui donne raison : ces « subordonnés » exercent un pouvoir exécutif, donc le président a le dernier mot. Trump a immédiatement crié à la « grande victoire », parlant même d’une « décision historique ». Les juges progressistes, eux, dénoncent un « chaos » à venir. Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, résume : « Trump transforme les agences fédérales en clubs privés pour ses copains. »
Mais l’autre volet de l’arrêt est tout aussi important, et il concerne la Fed. Cette fois, la Cour a dit non à Trump. Cinq juges, dont le conservateur Brett Kavanaugh, ont estimé que le président ne peut pas virer la gouverneure Lisa Cook comme ça, sans lui donner la chance de se défendre. Pourquoi ? Parce que la Réserve fédérale gère la politique monétaire des États-Unis. La laisser sous la coupe du pouvoir politique, c’est prendre le risque de voir les taux d’intérêt fixés sur un coup de tête. Trump voulait se débarrasser de Cook en l’accusant d’une malhonnêteté dans ses déclarations de prêts immobiliers, mais la juge a immédiatement porté l’affaire devant la justice. Elle dénonce une tentative de « destitution sous un prétexte fallacieux », uniquement parce qu’elle refusait de céder aux pressions pour baisser les taux. La Cour suprême lui donne raison : un président peut révoquer un responsable de la Fed pour « motif valable », mais pas pour n’importe quelle raison, et certainement pas sans procédure. Lisa Cook reste en poste, et l’indépendance de la banque centrale tient bon. Pour l’instant.
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