Monde
La Cour suprême ouvre une brèche pour Trump mais préserve la Fed
Le président américain peut désormais virer plus facilement les patrons d’agences indépendantes. Un garde-fou inattendu protège pourtant la banque…


Le président américain peut désormais virer plus facilement les patrons d’agences indépendantes. Un garde-fou inattendu protège pourtant la banque centrale._
La décision est tombée lundi et elle fait l’effet d’un tremblement dans les allées du pouvoir à Washington. La Cour suprême des États-Unis a donné raison à Donald Trump sur un point essentiel. Elle estime que le président a le droit de limoger à sa guise les responsables d’agences fédérales indépendantes, comme l’Autorité de la concurrence (FTC). Fini la règle qui datait de 1935 et qui obligeait à justifier un licenciement. Pour le locataire de la Maison Blanche, c’est une victoire qu’il a célébrée sur son réseau Truth Social en parlant de décision historique. Les juges conservateurs, majoritaires, ont estimé que ces postes relèvent du pouvoir exécutif. Les trois magistrats progressistes ont dénoncé un raisonnement bancal qui mènerait tout droit au chaos. Le chef des démocrates au Sénat a même parlé de carte blanche offerte à Trump pour transformer ces agences en clubs privés réservés à ses proches.
Mais la Cour a aussi posé une limite nette, et c’est là que l’affaire devient plus complexe. Elle s’est penchée sur le cas de Lisa Cook, une gouverneure de la Réserve fédérale que Donald Trump tentait de révoquer. Le président l’accusait d’avoir menti sur des demandes de prêts immobiliers. Il estimait avoir un motif valable, et il l’avait même annoncé sur Truth Social. Sauf que la justice a tranché autrement. Cinq juges, dont le conservateur Brett Kavanaugh, ont considéré que le président ne peut pas virer un responsable monétaire sans lui laisser la possibilité de se défendre. La décision est claire. Le chef de l’exécutif peut révoquer pour un motif valable, mais pas pour n’importe quel motif ou sans motif. Lisa Cook a aussitôt salué ce verdict, expliquant qu’on avait tenté de la destituer sous un prétexte fallacieux. Elle a affirmé avoir refusé de céder aux pressions politiques pour fixer les taux d’intérêt en fonction des seuls intérêts du peuple américain.
Concrètement, cette double décision redessine l’équilibre des pouvoirs à Washington. Donald Trump peut désormais faire le ménage dans les agences indépendantes, de la concurrence à la régulation financière. Il peut placer ses fidèles partout où il le souhaite. Mais le saint des saints de la politique monétaire, la Fed, reste protégé. Une brèche a été ouverte, mais pas complètement. Le président a minimisé l’impact de cette réserve en la qualifiant de question strictement procédurale. Il a promis de prendre une action appropriée. Reste à savoir comment il va contourner ce nouvel obstacle. En attendant, le message est clair. La Cour suprême, largement conservatrice, a offert un levier considérable à Donald Trump tout en traçant une ligne rouge autour de la banque centrale. Une ligne qui pourrait être testée très vite.
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