Monde
Le Sénat attise les tensions autour de la loi agricole d’urgence
Le gouvernement redoute que les ajouts des sénateurs ne fassent capoter le texte. Pesticides interdits, tirs sur le loup et stockage de l’eau sont au cœur…


Le gouvernement redoute que les ajouts des sénateurs ne fassent capoter le texte. Pesticides interdits, tirs sur le loup et stockage de l’eau sont au cœur de la discorde.
Un an après la fronde des agriculteurs, le projet de loi d’urgence agricole arrive au Sénat et promet des débats houleux. Le gouvernement a lancé un appel clair lundi. Il demande aux sénateurs de ne pas déséquilibrer le texte. Le problème est que la chambre haute, dominée par la droite et les centristes, veut aller beaucoup plus loin. Elle compte lever encore plus de contraintes sur le métier d’agriculteur. Gestion de l’eau, protection contre le loup et retour de certains pesticides sont les principaux points de friction. L’Assemblée nationale avait déjà adopté le texte début juin avec un large soutien du camp présidentiel au Rassemblement national. Mais au Sénat, le risque est que les fractures se creusent et que la majorité se désagrège. La ministre de l’Agriculture a prévenu que le pays ne pardonnerait pas un échec. Sa collègue de la Transition écologique a au contraire mis en garde contre un affaiblissement de la protection de la nature.
Le sujet qui cristallise le plus les tensions est celui des pesticides. Le Sénat propose de réintroduire deux insecticides interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe. Il s’agit de l’acétamipride et du flupyradifurone. Ces molécules figuraient déjà dans la précédente loi Duplomb. Le sénateur à l’origine de ce texte s’agace de ce qu’il appelle une hypocrisie française. Il défend que nos agriculteurs sont les seuls à interdire des produits que leurs concurrents européens utilisent. Selon lui, cela tue à petit feu des filières comme la betterave ou la noisette. En face, la gauche dénonce une surenchère pro-pesticides et un acharnement contre la biodiversité. Des associations de défense de l’environnement s’indignent du danger potentiel pour la santé humaine. La ministre de la Transition écologique a jugé ces réponses fragiles, contraires à la science et peut-être même au droit. Pourtant, la ministre de l’Agriculture a tenu un discours bien plus conciliant, niant tout recul environnemental dans la version sénatoriale. Une dissonance qui montre les divisions au sein même du gouvernement.
Le volet sur l’eau risque aussi de faire des étincelles. Le Sénat veut assouplir les obligations environnementales pour faciliter la construction de réserves de stockage. Et il compte renforcer encore ces mesures. Autre point chaud la protection contre le loup. Les sénateurs proposent de supprimer l’autorisation préalable pour les tirs de défense lors d’attaques sur les troupeaux. Le gouvernement prévoit de déposer des amendements pour supprimer plusieurs de ces ajouts. Au total, près de 950 amendements vont être examinés pendant plusieurs jours. Le calendrier est serré puisque les travaux parlementaires s’arrêtent fin juillet. Après le vote du Sénat, une commission mixte paritaire réunira députés et sénateurs mi-juillet pour tenter de trouver un compromis. Vu les divergences actuelles, rien n’est joué. Le texte pourrait bien rester en suspens.
À lire aussi





NewsEn Ligne 6 joursLe Turkménistan, pays reclus, fait un pas timide vers les touristes



CultureEn Ligne 5 joursLe patron de Canal+ sort l’artillerie lourde contre l’Arcom après la mise en demeure de CNews



CultureEn Ligne 6 joursPharrell transforme Paris en plage géante pour son défilé Louis Vuitton



NewsEn Ligne 3 joursBloqués sous terre par 40°C : le calvaire des passagers du TGV Paris-Nice



Faits DiversEn Ligne 5 joursUn double séisme fait trembler le Venezuela : immeubles effondrés, panique à Caracas



NewsEn Ligne 4 joursUn jet d’eau pour faire taire les opposants



ÉconomieEn Ligne 6 joursLa canicule de 1976 était-elle vraiment pire que celle d’aujourd’hui ?



NewsEn Ligne 2 joursDes milliers de chiens ont disparu en Corée du Sud avant l’entrée en vigueur de l’interdiction de leur viande








