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La mer surchauffe en Manche, le plancton rétrécit et les poissons changent de cap

Cet été, l’eau de la Manche bat des records de chaleur. Les scientifiques constatent des bouleversements invisibles mais profonds dans la vie marine.

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La mer surchauffe en Manche, le plancton rétrécit et les poissons changent de cap

Cet été, l’eau de la Manche bat des records de chaleur. Les scientifiques constatent des bouleversements invisibles mais profonds dans la vie marine.

Sur la plage de Wimereux, les baigneurs affluent pour se rafraîchir. À quelques mètres d’eux, Grégory Beaugrand, océanographe, enfile une salopette imperméable. Il s’avance dans l’eau avec un filet pour prélever du zooplancton, ces micro-organismes essentiels à la chaîne alimentaire. Chronomètre en main, il tracte son matériau pendant une minute. De retour au labo, il observe les échantillons au microscope. Les espèces qu’il voit sont plus précoces que d’habitude. Et surtout, leur taille diminue. Plus la température de l’eau monte, plus ces organismes rapetissent. On appelle ça le nanisme adaptatif.

Quand le plancton change, tout l’écosystème tremble. Les poissons d’eau froide comme la morue de l’Atlantique sont en train de disparaître de la Manche. Les sardines, elles, deviennent plus fréquentes. Le hareng, qui arrivait en masse mi-octobre, se fait plus rare et plus tardif. Toute la chaîne alimentaire se dérègle. Les scientifiques comparent les données actuelles à celles des années 1960 à 1989. Résultat dès le mois de mai, la température de l’eau affiche une anomalie de plus de 3°C dans cette zone. Ce n’est pas un accident.

Les canicules marines se multiplient. En 2022, un épisode similaire avait déjà frappé les côtes françaises. Et ce genre de situation est amené à se reproduire. En Méditerranée, les vagues de chaleur sous-marines ont déjà provoqué des mortalités massives chez les coraux, les oursins, les posidonies et d’autres espèces peu mobiles. À l’échelle mondiale, le nombre de jours de canicule marine a plus que triplé depuis 1991. Le chercheur tire la sonnette d’alarme on ne peut plus stopper le phénomène mais on peut l’atténuer en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre. Un message qu’il répète depuis des décennies, avec l’impression de ne pas être entendu.

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