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Un front inédit met l’Etat au pied du mur pour sauver les usines de pâte à papier

L’ancien banquier Matthieu Pigasse, les présidents de deux régions et les trois principaux syndicats se sont alliés pour exiger une action rapide du…

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Un front inédit met l'Etat au pied du mur pour sauver les usines de pâte à papier

L’ancien banquier Matthieu Pigasse, les présidents de deux régions et les trois principaux syndicats se sont alliés pour exiger une action rapide du gouvernement. Sans un vrai coup de pouce, les deux dernières fabriques françaises de pâte à papier risquent de fermer définitivement.

Le compte à rebours est lancé. Jusqu’à jeudi, Matthieu Pigasse doit déposer une offre de reprise pour Fibre Excellence, le groupe papetier placé en redressement judiciaire fin avril. Mais l’homme d’affaires ne veut pas y aller seul. Dans un courrier adressé dimanche soir au ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, il a obtenu le soutien de Carole Delga pour l’Occitanie, Renaud Muselier pour Paca, et des leaders nationaux de la CGT, CFDT et FO. Tous réclament que l’État mette la main à la poche.

Leur message est clair. Les discussions ont déjà fait bouger les lignes. Des investisseurs privés sont prêts à s’engager. Les régions ont promis des aides. Les syndicats ont participé à la construction du projet. Mais l’État, lui, n’a pas bougé d’un pouce. Les propositions qu’il avance aujourd’hui sont exactement les mêmes qu’avant ce changement de cap majeur, quand le dossier était encore porté par l’ancien actionnaire ou par le seul management. Les signataires demandent donc la mobilisation de tous les leviers publics disponibles. Ils suggèrent notamment que la Caisse des dépôts entre au capital pour apporter un financement stable et à long terme.

Derrière ces négociations, il y a un enjeu industriel et social lourd. Fibre Excellence possède les deux dernières grosses usines de pâte à papier de France. L’une à Saint Gaudens, en Haute-Garonne, emploie 270 personnes. L’autre à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, compte 275 salariés. Le groupe a été mis sous protection judiciaire après que son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, a refusé d’injecter de nouveaux fonds. Sa famille contrôle pourtant le géant mondial Asia Pulp and Paper. Aujourd’hui, c’est un front uni qui demande à l’État de ne pas laisser tomber un secteur stratégique et des centaines d’emplois.

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