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Chaleur extrême et bombes russes le dangereux été des plages ukrainiennes

Sur les bords du Dniepr à Kiev, des milliers d’Ukrainiens tentent de trouver un peu de fraîcheur malgré la canicule. Mais entre les noyades records et les…

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Chaleur extrême et bombes russes le dangereux été des plages ukrainiennes

Sur les bords du Dniepr à Kiev, des milliers d’Ukrainiens tentent de trouver un peu de fraîcheur malgré la canicule. Mais entre les noyades records et les frappes ennemies, chaque sortie à la plage peut tourner au cauchemar.

Les sauveteurs en uniforme bleu marine font une démonstration sous le soleil. Un homme simule une noyade, un secouriste plonge et le ramène sur la rive. Les baigneurs regardent distraitement. Personne ne semble vraiment inquiet. Pourtant, les chiffres donnent le vertige. Depuis le début du mois de juin, 123 personnes se sont noyées en Ukraine, dont dix rien qu’à Kiev. La vague de chaleur venue d’Europe occidentale fait grimper le mercure jusqu’à 38 degrés, loin des 17 à 22 degrés habituels pour un mois de juin. Les autorités multiplient les appels à la prudence. Mais ce n’est pas le seul danger qui guette les baigneurs.

Depuis 2023, la mairie de Kiev déconseille officiellement la fréquentation des plages. La raison est simple. Les bombardements russes visent régulièrement la capitale. Mi-juin, des missiles ont été interceptés en plein jour au-dessus de la ville. Plus récemment, une femme de 26 ans a été tuée par une attaque de drones sur une plage d’Odessa, dans le sud du pays. Une vidéo montre des secouristes en maillot de bain tentant de la réanimer, en vain. Sur les berges du Dniepr, aucun abri antimissile n’est prévu. Ivan Pyrtsou, soldat en permission venu avec ses trois filles, l’avoue sans détour. Si une frappe vise la plage, il n’y a rien à faire à part regarder d’où ça vient et où ça va. Il préfère ne pas y penser. Comme beaucoup d’autres, il estime qu’on ne peut pas rester tendu en permanence. Il faut bien se reposer.

Mariana Tsymbalenko, elle, vient de Kramatorsk, dans l’est du pays pilonné par l’armée russe. Cette professeure de langue a fui sa ville il y a un mois et demi pour se réfugier à Kiev. Sur la plage, elle profite de l’eau du Dniepr pour éviter d’utiliser la climatisation, par conviction écologique. Un choix qui a du sens en Ukraine. Le réseau électrique, déjà fragilisé par les frappes russes depuis l’invasion de 2022, souffre de la canicule. Des coupures d’électricité ont déjà eu lieu dans certaines régions. Le PDG d’un groupe énergétique local, Yasno, prévient que la situation pourrait être une épreuve sérieuse pour des équipements fonctionnant à la limite de leurs capacités. Mais Mariana relativise. Face à la guerre, une vague de chaleur semble presque banale. Il vaut mieux avoir ce genre de problème que de vivre sous les bombes, dit-elle en souriant. Sur l’eau, des adolescents s’amusent sur un matelas gonflable identique à ceux qu’on emporte dans les abris lors des alertes aériennes. Indifférents aux fresques géantes qui rendent hommage aux brigades ukrainiennes sur l’autre rive, ils rient et se bousculent. Comme si la guerre n’existait pas. Pour quelques heures au moins.

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