Politique
Un pipeline géant menace de déverser des déchets toxiques dans l’océan Pacifique
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, un projet minier prévoit d’envoyer des centaines de millions de tonnes de résidus industriels dans la mer. Les habitants…


En Papouasie-Nouvelle-Guinée, un projet minier prévoit d’envoyer des centaines de millions de tonnes de résidus industriels dans la mer. Les habitants, une ONG et un évêque tirent la sonnette d’alarme.
Derrière ce projet controversé, deux géants mondiaux de l’or et du cuivre : l’américain Newmont Mining et le sud-africain Harmony Gold. Ils veulent extraire des métaux précieux dans les forêts tropicales de la province de Morobe. Pour cela, ils comptent construire un pipeline de 100 kilomètres. Objectif : transporter les déchets miniers jusqu’à la mer et les y déverser. Le gouvernement local soutient l’initiative, en espérant des retombées économiques pour ce pays en développement.
Mais le problème, c’est la méthode. Ce rejet en eaux profondes n’est utilisé que par 15 mines dans le monde. Selon l’ONG australienne Jubilee Australia Research Centre, ce sont 360 millions de tonnes de déchets qui seraient libérées en 28 ans. Un mélange de roches broyées et de produits chimiques. Parmi eux, des métaux lourds comme l’arsenic, le plomb, le mercure ou le nickel. Personne ne connaît la quantité exacte. Les scientifiques s’inquiètent des conséquences sur la vie marine et sur les populations côtières.
Les opposants ne se font pas entendre seulement dans les laboratoires. Sur place, l’évêque Jack Urame, figure majeure de l’Église évangélique luthérienne, parle d’une « véritable catastrophe ». Les communautés locales tirent leurs ressources de la mer depuis des générations. Dans le village côtier de Yanga, les anciens ont écrit une pétition en 2024. Le message est clair : « Nous ne voulons pas de votre pipeline à travers notre village. C’est notre zone de pêche, notre plage, notre mer. » Ils dénoncent un manque de consentement. Et rappellent que cette côte abrite aussi des tortues luths, une espèce classée vulnérable.
De leur côté, les compagnies assurent avoir étudié la question. Elles affirment que le rejet en mer est la solution la plus sûre, à cause des fortes pluies et des risques de tremblements de terre dans la région. Plus de 40 sites de stockage à l’intérieur des terres ont été envisagés, mais tous jugés inadaptés. Pourtant, pour les habitants, l’inquiétude grandit. Ils refusent de laisser leur avenir et celui de l’océan entre les mains de promesses industrielles.
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