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Affaire Lyhanna, vide juridique et plaider-coupable avorté : l’Assemblée s’embrase autour de Darmanin

Le projet de loi sur la justice criminelle du ministre de la Justice a déclenché une tempête politique dans l’hémicycle. Entre accusations de la gauche et…

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Affaire Lyhanna, vide juridique et plaider-coupable avorté : l'Assemblée s'embrase autour de Darmanin

Le projet de loi sur la justice criminelle du ministre de la Justice a déclenché une tempête politique dans l’hémicycle. Entre accusations de la gauche et défense acharnée du garde des Sceaux, les débats promettent d’être houleux jusqu’à vendredi.

Dès l’ouverture des échanges, mardi, l’ambiance était électrique. Les députés de la France insoumise ont immédiatement attaqué Gérald Darmanin sur le terrain de l’affaire Lyhanna, la fillette de 11 ans retrouvée morte dans le Gers début juin. « La plupart des agents de l’institution judiciaire, comme les Français, attendent votre départ », a lancé la députée Gabrielle Cathala. La gauche lui reproche d’avoir mis en cause les magistrats après ce drame et réclame sa démission. Le ministre a répliqué en dénonçant un flot « de contrevérités et d’insultes », avant de contre-attaquer sur des accusations d’antisémitisme visant son porte-parole.

Mais le moment le plus tendu est venu de la socialiste Colette Capdevielle. Elle a pointé un vide législatif béant qui, dès mercredi, pourrait contraindre à libérer des mineurs présumés criminels, âgés de 16 à 18 ans, faute de texte voté dans les délais. « Vous aviez un an, qu’avez-vous fait ? » a-t-elle asséné. Le gouvernement avait pourtant un an pour légiférer sur ce point précis. Résultat : un trou juridique que Darmanin n’a pas comblé à temps. La gauche y voit une faute politique majeure, un nouvel exemple de l’inaction du ministre.

Au cœur du projet de loi, la mesure phare a déjà été supprimée par les députés : le « plaider-coupable criminel ». Cette procédure aurait permis à un accusé reconnaissant les faits de négocier une peine lors d’une audience publique de quelques heures, sans témoins ni experts. Vivement critiquée par les avocats et les associations féministes, elle concernait surtout des viols. Le gouvernement a préféré retirer la disposition, faute de consensus. Le RN, qui s’y opposait, pourrait désormais voter le reste du texte. La gauche reste vent debout contre l’extension des cours criminelles départementales, qui jugent sans jury populaire les crimes passibles de 20 ans de prison. Darmanin promet d’en créer 60 de plus. Les débats doivent se poursuivre jusqu’à vendredi.

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