Politique
Survivre au Venezuela après le double séisme une lutte pour la nourriture et un toit
Deux violents tremblements de terre ont frappé le Venezuela, faisant plus de 1700 morts et des dizaines de milliers de disparus. L’ONU alerte sur une…


Deux violents tremblements de terre ont frappé le Venezuela, faisant plus de 1700 morts et des dizaines de milliers de disparus. L’ONU alerte sur une situation humanitaire critique entre pénuries alimentaires et risques d’épidémies.
Le bilan humain est terrible. Les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5, les plus puissants depuis un siècle dans le pays, ont laissé derrière eux au moins 1 719 morts et 5 034 blessés. Environ 50 000 personnes sont toujours portées disparues. Selon des images satellites de la Nasa, près de 59 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits dans la zone sinistrée. Dans l’État de La Guaira, au nord du pays, la catastrophe a tout balayé. Les secouristes travaillent sans relâche mais le temps presse. La fameuse fenêtre des 72 heures, cruciale pour retrouver des survivants sous les décombres, est déjà fermée depuis samedi.
Dans les ruines, la survie est devenue un combat quotidien. Les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont coupées. Daniela Armas, une vendeuse de 18 ans blessée lors des secousses, raconte une scène de guerre. « De l’aide est distribuée ici, mais parfois les gens s’entretuent pour de la nourriture. Tout le monde se bat, comme dans un combat de coqs », confie-t-elle à l’AFP. Sa maison est debout mais fissurée, elle a peur d’y retourner. Des milliers de survivants dorment sous des tentes de fortune, sur des parkings ou dans des refuges qu’ils comparent à la rue. L’ONU a chiffré ses seuls besoins à 15 millions de dollars pour abriter temporairement 30 000 personnes pendant six mois.
La menace sanitaire plane désormais sur la région. L’Organisation mondiale de la santé redoute des épidémies de maladies évitables comme la rougeole, la diphtérie ou la coqueluche. Les hôpitaux sont saturés. Selon les autorités, 38 établissements de santé ont été endommagés, dont trois sont dans un état critique. Les morgues débordent. Sur le port de La Guaira, une morgue de fortune a été installée. Des familles font la queue pour identifier les corps. Wilker Molalla attend son tour : « Il y avait onze personnes chez moi, seuls deux d’entre nous ont survécu parce que nous étions au travail », souffle-t-il. La météo complique aussi le travail des secouristes, contraints d’interrompre leurs recherches à cause de fortes pluies.
La communauté internationale tente de s’organiser. Vingt-sept pays ont envoyé plus de 2 000 secouristes et 160 chiens de recherche. Les États-Unis ont doublé leur aide, portant l’enveloppe à 300 millions de dollars pour les ONG et les agences onusiennes. Mais sur le terrain, l’urgence reste immense. Les tensions montent parmi les survivants, qui réclament de l’électricité, de l’eau potable et un nettoyage rapide des zones sinistrées. « Plus de 80% de l’État de La Guaira est en état de crise, il faut que les autorités agissent », s’indigne Pablo Alfonzo, un homme de 64 ans réfugié sous une tente. Pendant ce temps, des médecins volontaires, comme Diorjailis Escalona, 23 ans, continuent de se battre : « Sur le plan émotionnel, je suis démolie, mais on essaie d’aider. »
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