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Ils minimisent, ils se taisent, ils protègent les agresseurs

Des associations dénoncent un véritable système qui laisse les auteurs de violences dans le périscolaire tranquilles. Au Sénat, elles révèlent l’ampleur…

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Ils minimisent, ils se taisent, ils protègent les agresseurs

Des associations dénoncent un véritable système qui laisse les auteurs de violences dans le périscolaire tranquilles. Au Sénat, elles révèlent l’ampleur des défaillances et le calvaire des familles.

Mercredi, les associations SOS Périscolaire et MeTooEcole ont été entendues par une mission d’information du Sénat. Leur constat est sans appel. Un système bien rodé empêche que les violences, notamment sexuelles, soient stoppées. L’objectif de cette mission est clair. Il s’agit de dresser une cartographie nationale des violences pour mesurer leur ampleur réelle, comme l’a expliqué la rapporteure Agnès Evren. Les chiffres donnent le tournis. SOS Périscolaire dit avoir été contacté par plus de 530 familles venant de plus de 70 départements et 16 régions. Sur ces signalements, six sur dix concernent des violences psychologiques, un sur trois des violences physiques et un sur cinq des violences sexuelles. Rien qu’à Paris, 132 animateurs ont été suspendus depuis le début de l’année. Le parquet y a ouvert des enquêtes dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches. MeTooEcole, créée en novembre 2025, ajoute que 40 % des violences sexuelles sur mineurs ont lieu à l’école ou dans le périscolaire. Un chiffre largement sous-évalué selon elles.

Les associations décrivent une mécanique implacable. La famille donne l’alerte. L’institution minimise ou se tait. L’agent mis en cause reste en poste ou change d’école pour recommencer ailleurs. Les responsabilités se renvoient la balle. L’école dit que c’est la faute de la commune sur le temps périscolaire. La commune renvoie vers la justice et ne veut rien dire. Trop souvent, les familles ignorent même qu’un adulte suspecté a eu leur enfant en charge, à cause du secret de l’enquête. Et leur enfant victime n’est pas entendu à temps. SOS Périscolaire dénonce un système qui tient. L’enfant qui parle est traité de menteur, depuis l’animateur jusqu’au commissariat, parfois jusqu’au tribunal. Dans certaines communes, y compris Paris, des parents ou collègues qui osent alerter sont menacés de plaintes en diffamation. Pourtant, la loi oblige les autorités et fonctionnaires, comme le maire ou le directeur d’école, à signaler tout crime ou délit au procureur. Mais cela n’est pas appliqué du tout, même à Paris jusqu’à récemment. L’avocate Nathalie Bucquet, pour Innocence en danger, pointe un manque de moyens dans certains départements pour pousser les investigations et identifier toutes les victimes d’un prédateur.

Les méthodes d’audition des enfants sont elles aussi pointées du doigt. SOS Périscolaire cite le cas d’une école à Colombes. Après une plainte, 90 enfants ont été entendus comme témoins en une après-midi, en civil, dans l’école. Un enfant s’est révélé être une victime potentielle. Mais les enquêteurs ont jugé qu’il avait déjà été entendu, alors qu’il aurait dû bénéficier d’une audition enregistrée adaptée aux enfants victimes. Beaucoup de familles rapportent des expériences similaires. L’association dénonce des auditions à la sauvage, non filmées, sans que les parents soient prévenus. Les conséquences pour les familles sont lourdes. Elles supportent les frais de justice et les soins psychologiques. Certaines doivent changer d’école, de travail. Les associations le résument d’une phrase. Ce sont les enfants qui partent, pas les animateurs mis en cause.

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