Économie
La Poste veut doubler la mise sur les colis pour sauver son avenir
Face à l’effondrement du courrier traditionnel, le groupe public mise tout sur la livraison de colis, la banque et l’assurance pour atteindre 40 milliards…


Face à l’effondrement du courrier traditionnel, le groupe public mise tout sur la livraison de colis, la banque et l’assurance pour atteindre 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2031.
La facture postale se réinvente en profondeur. Avec la chute vertigineuse du nombre de lettres envoyées chaque année, La Poste a dévoilé un plan d’action sur cinq ans pour rebondir. Sa directrice générale, Marie-Ange Debon, a présenté le projet « Réussir ensemble – Ambitions 2031 » devant une poignée de journalistes mercredi. Le constat est clair les volumes de courrier ont fondu de 18 milliards de plis en 2008 à seulement 5 milliards en 2025. Et la tendance va s’accélérer jusqu’à 3 milliards en 2031. Pour compenser, le groupe veut s’appuyer sur ses activités les plus portables le colis, la banque et l’assurance.
Aujourd’hui troisième acteur européen de la livraison hors domicile derrière le Polonais InPost et l’Allemand DHL, La Poste vise la deuxième place. Son objectif passer de 150 000 à 190 000 points de retrait casiers automatiques et commerçants partenaires. Elle ambitionne aussi de livrer 3,6 milliards de colis dans le monde contre 2,7 milliards aujourd’hui. C’est un énorme bond en avant. Pour y parvenir, le groupe prévoit d’investir 10 milliards d’euros dans la modernisation de ses outils industriels et de ses infrastructures numériques. La branche colis représente déjà 54 % de son chiffre d’affaires actuel de 34 milliards.
Mais cette transformation a un prix. La Poste perd chaque année 500 millions d’euros de chiffre d’affaires à cause du déclin du courrier. Ses missions de service public distribution de la presse, accessibilité bancaire ou aménagement du territoire ne sont pas assez compensées par l’État. Résultat le réseau de bureaux doit évoluer. Plutôt que de maintenir une présence coûteuse et sous-utilisée, le groupe veut passer à une logique de service postal utile. Mutualisation et partenariats avec les commerçants et les services publics deviendront la norme. L’objectif est clair rester un acteur incontournable sans creuser les comptes.
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