Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Stockage d’eau pour les agriculteurs le coup de colère de la ministre

Entre sécheresse et besoins agricoles, le Sénat a voté des mesures qui assouplissent les règles de stockage de l’eau. La ministre de l’Écologie n’a pas…

Article

le

Stockage d'eau pour les agriculteurs le coup de colère de la ministre

Entre sécheresse et besoins agricoles, le Sénat a voté des mesures qui assouplissent les règles de stockage de l’eau. La ministre de l’Écologie n’a pas caché son agacement face à ce qu’elle considère comme un déséquilibre.

Ce mercredi, l’ambiance était électrique au Sénat alors que la chambre haute examinait le volet « eau » du projet de loi d’urgence agricole. Porté par une majorité de droite et centriste, le texte visait à faciliter le métier d’agriculteur en levant certaines contraintes environnementales très encadrées. En première ligne, le sénateur et agriculteur Laurent Duplomb a défendu la nécessité de construire davantage de retenues d’eau. Selon lui, les réglementations actuelles rendent quasiment impossible tout nouveau projet de stockage. De l’autre côté, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a peiné à cacher son irritation. Elle a mis en garde contre un texte qui risquerait de « déséquilibrer » les efforts d’adaptation à la sécheresse, au moment même où celle-ci s’aggrave sur le territoire.

Plusieurs mesures ont particulièrement fait réagir. Les sénateurs ont largement assoupli les conditions pour construire des réservoirs de stockage de l’eau destinée à l’agriculture. Ils ont aussi renforcé les pouvoirs du préfet, qui pourrait dans certains cas passer outre une annulation d’autorisation de prélèvement. Le point le plus clivant reste l’introduction d’un principe de « non-régression agricole ». Celui-ci fixe l’objectif de doubler les volumes d’eau stockés pour l’agriculture d’ici 2035. Monique Barbut a qualifié cette ambition de « pharaonique », estimant qu’elle donnerait la priorité à l’usage agricole au détriment de l’eau potable et de la sécurité civile. À gauche, l’écologiste Daniel Salmon a dénoncé un risque d' »accaparement » de la ressource par une minorité d’exploitants, au détriment des nappes souterraines. Même la Confédération paysanne et le Medef ont appelé à un partage plus équilibré de l’eau entre tous les acteurs économiques et citoyens.

Autre mesure abrasive les sénateurs ont décidé de placer les agences de l’eau sous la tutelle conjointe des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, et non plus uniquement de celui de la Transition écologique. Ils ont aussi renforcé la présence des représentants du monde agricole dans les instances de gouvernance de l’eau, au détriment des agents de l’État. Dans l’hémicycle, Monique Barbut a lancé aux sénateurs qu’ils devraient « assumer » cette décision, rappelant qu’ils réclament habituellement des comptes à l’État en cas de crise. La sénatrice LR Sophie Primas s’est dite « choquée » par cette attitude, ce qui a poussé la ministre à s’excuser. Présente au banc, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est montrée plus discrète. Mais sur BFMTV, elle a approuvé « le principe d’un stockage amélioré de l’eau » et critiqué les « bien-pensants » qui accusent les agriculteurs de s’approprier indûment l’eau. De quoi renforcer le flou sur la position réelle de l’exécutif, tiraillé entre ses deux ministres. Un sénateur écologiste a ironisé sur la présence de « deux gouvernements au banc ». Le Sénat devrait adopter l’ensemble du texte d’ici la fin de la semaine, avant une tentative de conciliation avec les députés mi-juillet.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus