Économie
Le nouveau patron de la Fed envoie un signal clair aux marchés : pas question de baisser les taux pour faire
Alors que l’inflation flambe à 4,1% aux États-Unis, le nouveau chef de la Réserve fédérale Kevin Warsh a prévenu que son institution ne tolérera pas un…


Alors que l’inflation flambe à 4,1% aux États-Unis, le nouveau chef de la Réserve fédérale Kevin Warsh a prévenu que son institution ne tolérera pas un objectif supérieur à 2%. Une déclaration qui sonne comme un avertissement à la Maison Blanche, soupçonnée de vouloir des taux bas pour doper l’économie.
Kevin Warsh, tout juste installé à la tête de la Fed, n’a pas mâché ses mots. Mercredi, lors d’un forum de la Banque centrale européenne au Portugal, il a lâché une phrase qui a fait son effet. Les prix sont « trop élevés », a-t-il asséné. Et d’ajouter que ceux qui espéraient une banque centrale complaisante avec une inflation au-dessus de 2% allaient être déçus. Un message direct envoyé aux marchés, aux entreprises et aux ménages, mais aussi et surtout à Donald Trump, qui l’a pourtant nommé à ce poste.
Car le contexte est lourd. Warsh a pris les rênes de la Fed fin mai, après que l’ancien président Trump a mené une campagne de pressions ouvertes contre son prédécesseur Jerome Powell. Le locataire de la Maison Blanche réclame des taux d’intérêt plus bas pour relancer l’économie, quitte à minimiser les risques de voir l’inflation s’emballer. Résultat, une méfiance s’est installée autour du nouveau patron de la banque centrale. Avec son discours au Portugal, il a voulu rassurer sur son indépendance. Un analyste interrogé résume bien la situation en estimant que Warsh a envoyé un signal clair aux marchés financiers, celui de ne pas compter sur lui pour plier devant les volontés présidentielles.
Sur place, Warsh s’est exprimé aux côtés de ses homologues de la BCE, de la Banque d’Angleterre et de la Banque du Canada. Les mêmes qui avaient pris la défense de Jerome Powell lorsque ce dernier avait été visé par une procédure judiciaire soutenue par Donald Trump. Powell est toujours membre de la Fed, mais comme simple gouverneur, sans en être le patron. Et l’exécutif américain ne cache pas son hostilité à son égard. Kevin Hassett, le principal conseiller économique de Trump, a ainsi déclaré sur Fox Business qu’il redoutait que certains membres de la Fed votent non par patriotisme mais par volonté de « faire à l’envers » à Trump. Il a promis de « surveiller cela de près » et affirmé que ce ne serait pas la faute de Kevin Warsh, mais que ce dernier allait devoir « remettre un peu d’ordre » dans l’institution.
Douze personnes votent sur les taux d’intérêt aux États-Unis. Plusieurs d’entre elles ont déjà prévenu qu’il faudrait peut-être les relever pour juguler l’inflation. Une hausse que Kevin Hassett qualifie d' »erreur macroéconomique », estimant que Warsh partage son avis. Mais le nouveau patron de la Fed, lui, a posé une règle : ne donner aucune indication sur la trajectoire future de la politique monétaire. Depuis décembre 2025, la banque centrale n’a pas touché à ses taux. Pourtant, les investisseurs anticipent déjà une possible hausse dès septembre prochain, juste avant les élections de mi-mandat. Un scénario qui ferait horreur à la Maison Blanche.
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