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Faire fondre du métal sans pétrole le casse-tête des PME allemandes face à la facture d’électricité
Pour fabriquer des tubes en métal, certaines usines allemandes doivent chauffer à 1500 degrés tout en visant le zéro carbone. Un défi colossal quand…


Pour fabriquer des tubes en métal, certaines usines allemandes doivent chauffer à 1500 degrés tout en visant le zéro carbone. Un défi colossal quand l’électricité coûte trois fois plus cher que le gaz.
Dans l’ouest de l’Allemagne, une fonderie de 145 salariés tente un pari ambitieux. Faire fonctionner ses fours à l’électricité plutôt qu’au gaz naturel, pour produire des alliages de cuivre sans émettre de CO2. Mais le chemin est semé d’embûches. Le patron de MPG Tubes explique qu’électrifier toutes ses machines est bien plus complexe que de simples économies d’énergie. Son objectif est clair. Fabriquer un produit neutre pour le climat d’ici quatre ans. À condition de rester rentable.
Le problème, c’est le prix de l’électricité en Allemagne. Il est presque trois fois plus élevé que celui du gaz. 20 centimes le kilowattheure contre 7 pour le gaz. Un écart énorme par rapport à des concurrents chinois ou indiens. Pour électrifier complètement son site, le dirigeant doit investir 6 millions d’euros. Une somme colossale pour une PME qui pèse 40 millions de chiffre d’affaires. Il va devoir s’endetter. Et ça, c’est un risque. En cas de crise, le crédit reste à rembourser. Les banques ajoutent en plus des primes de risque sur ces projets de transformation, ce qui réduit encore les marges de manœuvre. Entre l’urgence climatique et la pression sur les coûts, ces entreprises doivent faire un choix difficile. Investir massivement ou risquer de perdre la course face à leurs concurrents étrangers.
Pour d’autres fonderies, le problème n’est pas seulement financier. Il est technique. Dans le nord-ouest du pays, l’entreprise LEDA ne peut pas électrifier sa fusion faute de puissance électrique suffisante. Son dirigeant dénonce des réseaux trop faibles, parfois vieux de 80 ou 100 ans. Un talon d’Achille de l’économie allemande. L’usine a besoin de 7 mégawatts pour sa transition. Elle n’en a que 2. Le raccordement promis dans deux ou trois ans pourrait prendre six ou sept ans en réalité. Un goulot d’étranglement. La fédération des fonderies estime qu’au moins 90% des entreprises ne pourront pas obtenir une connexion suffisante avant le milieu des années 2030. En attendant, LEDA réduit ses effectifs et craint que la transition, une fois réalisée, augmente encore ses coûts de fonctionnement. Les frais de réseau ont déjà quadruplé depuis 2011.
Berlin a mis en place une aide pour compenser le prix de l’électricité pour les industries les plus énergivores. Chimie, acier, ciment. Ce dispositif court jusqu’en 2028. Mais selon les professionnels du secteur, cette mesure est un trompe-l’œil. L’allègement réel ne serait que d’environ 1 centime par kWh. En plus, les entreprises doivent réinvestir la moitié des aides dans des projets de décarbonation, même ceux qui ne sont pas rentables à court terme. Beaucoup d’industriels allemands avancent donc dans l’incertitude. Comme le dit le patron de MPG Tubes, ils investissent prudemment, étape par étape, pour ce qu’ils peuvent anticiper. Un équilibre fragile entre impératif climatique et survie économique.
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