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Un café à siroter face à la Corée du Nord le nouveau lieu qui fait le buzz

Depuis novembre 2024, un Starbucks perché près de la frontière avec la Corée du Nord attire des foules de visiteurs. Un symbole fort de deux mondes que…

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Un café à siroter face à la Corée du Nord le nouveau lieu qui fait le buzz

Depuis novembre 2024, un Starbucks perché près de la frontière avec la Corée du Nord attire des foules de visiteurs. Un symbole fort de deux mondes que tout oppose, à moins de deux kilomètres l’un de l’autre.

À Gimpo, en Corée du Sud, le décor est surréaliste. Des clients commandent un latte ou un frappuccino, symbole de la mondialisation capitaliste, tout en contemplant les collines et les champs de l’autre côté du fleuve Han. Là-bas, c’est la Corée du Nord, l’un des pays les plus fermés de la planète. Ce contraste stupéfiant est devenu une attraction en soi. Depuis l’ouverture du Starbucks à l’Écoparc de la Paix d’Aegibong, le nombre de visiteurs a explosé. En 2025, les touristes étrangers ont été 275% plus nombreux que l’année précédente, avec plus de 56 000 personnes. Un tiers d’entre eux venaient de Chine. La direction du parc est formelle cette hausse est directement liée à l’enseigne américaine.

Pour arriver jusqu’au café, l’expérience commence bien avant. Il faut réserver, monter dans une navette, puis passer un poste de contrôle militaire tenu par des soldats sud-coréens armés. Les derniers mètres se font à pied, le regard déjà tourné vers les montagnes nord-coréennes. Ce trajet fait partie du dépaysement. La frontière entre les deux Corées est l’une des plus sensibles au monde. Techniquement, les deux pays sont toujours en guerre depuis l’armistice de 1953, jamais remplacé par un traité de paix. Une zone démilitarisée les sépare, mais la tension reste palpable.

Des visiteurs venus de loin racontent ce choc visuel. Un touriste irlandais, James Seymour, compare cette expérience à ce qu’il a connu à Belfast pendant le conflit nord-irlandais. Pour lui, boire un Starbucks face à la Corée du Nord dépasse tout ce qu’il a pu imaginer. « On ne peut pas faire plus américain que Starbucks, et on ne peut pas être plus éloigné de l’Amérique que la Corée du Nord », résume-t-il. Un Sud-Coréen vivant aux États-Unis explique que c’est précisément cette absurdité qui l’a poussé à venir. Le phénomène a même un nom le « café avec vue ».

Mais derrière ce succès touristique, l’enseigne a aussi suscité une vive polémique en Corée du Sud. Une campagne publicitaire a rappelé un épisode sanglant de l’histoire du pays la répression du soulèvement prodémocratie de 1980. Le tollé a été tel que le président du groupe exploitant Shinsegae a présenté des excuses et le directeur général a été limogé. Ce même dirigeant, Chung Yong-jin, avait auparavant utilisé à plusieurs reprises l’expression « Mort au communisme » sur les réseaux sociaux, avant de supprimer ses messages. Il justifiait ces propos par la peur quotidienne des missiles nord-coréens. Aujourd’hui, le Starbucks d’Aegibong continue d’attirer les curieux, mais chaque gorgée de café y est aussi une petite leçon de géopolitique.

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