Faits Divers
Le dernier espoir de Mis et Thiennot s’évanouit
La Cour de révision a refusé d’annuler la condamnation de deux chasseurs accusés du meurtre d’un garde-chasse en 1946. Pour leurs descendants, c’est la…


La Cour de révision a refusé d’annuler la condamnation de deux chasseurs accusés du meurtre d’un garde-chasse en 1946. Pour leurs descendants, c’est la fin d’un combat long de huit décennies.
Jeudi, les magistrats ont opposé une fin de non-recevoir à la requête en réhabilitation. Une décision qui était la seule chance de changer l’issue de cette vieille affaire devenue une légende dans le Berry. Trente et une communes de la région portent encore le nom des deux hommes sur leurs places et leurs rues. Mais la justice a estimé que les charges restaient suffisantes. Le président de la Cour a reconnu que l’enquête initiale n’a pas exploré toutes les pistes. Il a aussi noté que certains procès-verbaux avaient été obtenus sous la violence. Mais pour les treize juges, les investigations plus récentes n’ont pas écarté les soupçons qui pesaient sur Raymond Mis et Gabriel Thiennot. Et elles n’ont pas non plus confirmé les rumeurs accusant un autre coupable. En conséquence, la condamnation à quinze ans de travaux forcés, prononcée en 1950, reste valable.
Dans la salle d’audience, la déception était immense. Thierry Thiennot, le fils de Gabriel, a laissé éclater sa colère. Il a dit que la justice avait encore une fois manqué à ses obligations et laissé passer une occasion unique de revenir sur une décision fausse. Pour lui, le combat est fini. Il a fallu sept requêtes depuis 1952 et même un amendement spécial dans une loi de 2021 pour que ce dossier arrive jusqu’à la Cour de révision. Mais sans un nouveau procès sur le fond impossible puisque les deux hommes sont morts en 2003 et 2009 l’annulation aurait simplement fait d’eux des présumés innocents. Cela n’a pas eu lieu. L’avocat général avait pourtant appelé la Cour à résister à la pression de l’opinion publique et à la croyance populaire. Il estimait qu’aucun élément nouveau ne justifiait une révision.
Les avocats des héritiers ont réagi avec amertume. Ils parlent d’une grande victoire morale, car la procédure était entachée de vices fondamentaux. L’annulation des procès-verbaux extorqués sous la violence fait désormais jurisprudence. Elle dit qu’aucune violence n’est acceptable pour faire avouer quelqu’un. L’affaire remonte au 31 décembre 1946. Ce jour-là, le garde-chasse Louis Boistard est retrouvé mort dans un étang de Saint-Michel-en-Brenne, le corps criblé de plombs. L’enquête se focalise vite sur un groupe de chasseurs. Après une altercation, Raymond Mis et Gabriel Thiennot auraient tiré. Ils avouent devant les policiers, puis se rétractent quelques jours plus tard. Ils clament leur innocence jusqu’à leur mort. Mais la justice a choisi de ne pas les réhabiliter. Pour leurs proches et tous ceux qui croyaient en eux, c’est la fin d’un long combat sans victoire.
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