Politique
L’affaire Mis et Thiennot n’aura pas de réhabilitation
La Cour de révision a dit non. Pour les familles des deux chasseurs condamnés en 1950, c’est la fin d’un combat qui aura duré des décennies.


La Cour de révision a dit non. Pour les familles des deux chasseurs condamnés en 1950, c’est la fin d’un combat qui aura duré des décennies.
C’est un coup de massue pour tous ceux qui croyaient en l’innocence de Raymond Mis et Gabriel Thiennot. Jeudi, la Cour de révision a refusé d’annuler leur condamnation pour le meurtre d’un garde-chasse, commis en 1946 dans l’Indre. Les deux hommes, décédés depuis longtemps, ne seront jamais réhabilités. Dans la salle d’audience, la déception était immense. Thierry Thiennot, le fils de Gabriel, n’a pas caché sa colère. Selon lui, la justice a une nouvelle fois failli. Elle avait pourtant une occasion unique de reconnaître l’erreur judiciaire.
L’affaire remonte à la fin de l’année 1946. Le corps du garde-chasse Louis Boistard est retrouvé dans un étang, criblé de plombs. Très vite, l’enquête se tourne vers un groupe de chasseurs, dont Mis et Thiennot. Ils avouent sous la pression, puis se rétractent. En 1950, après deux procès annulés, la cour d’assises de Gironde les condamne à quinze ans de travaux forcés. Depuis, leurs partisans n’ont cessé de clamer leur innocence. Sept requêtes en révision ont été déposées à partir de 1952. Il a même fallu un amendement sur mesure dans une loi de 2021 pour que le dossier arrive jusqu’à la Cour de révision.
Les magistrats ont reconnu des zones d’ombre dans l’enquête initiale. Ils admettent que les enquêteurs n’ont pas exploré toutes les pistes. Mais ils estiment que les charges retenues à l’époque restent suffisantes pour justifier la condamnation. Les éléments nouveaux n’ont pas permis d’écarter les soupçons. Pour les avocats des héritiers, l’annulation des procès-verbaux obtenus sous la violence constitue tout de même une victoire morale importante. Cela rappelle qu’aucun aveu arraché par la force ne devrait être recevable. Mais sur le fond, le dossier est clos. Après quatre-vingts ans, l’histoire ne sera pas réécrite.
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