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Le Nutri-Score climatique va-t-il bouleverser la notation des pays et des entreprises

Et si la température devenait un critère aussi important que le déficit pour juger de la santé économique d’un pays ? Un nouvel outil, inspiré du…

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Le Nutri-Score climatique va-t-il bouleverser la notation des pays et des entreprises

Et si la température devenait un critère aussi important que le déficit pour juger de la santé économique d’un pays ? Un nouvel outil, inspiré du Nutri-Score, classe désormais 191 États selon leur vulnérabilité au réchauffement. Résultat certaines grandes puissances trinquent.

Derrière ce classement, il y a une équipe de chercheurs de l’Edhec Business School. Leur idée ? Introduire la variable climatique là où on ne l’attendait pas. Pendant des décennies, la dette d’un pays se jugeait sur son inflation, sa stabilité politique ou son déficit. Aujourd’hui, Scientific Climate Ratings propose une note de A à G qui évalue les pertes économiques prévues d’ici 2035 et 2050 à cause du réchauffement chronique. Un Nutri-Score climatique, en somme. Et il ne se base pas sur des scénarios utopiques. Leurs calculs prennent en compte le scénario le plus probable, pas le « Net Zéro » qui n’a, selon eux, que 0,4 % de chances de se réaliser.

La géographie devient alors un facteur économique majeur. Les pays proches de l’équateur, déjà chauds, sont les grands perdants. La productivité optimale se situerait autour de 13 degrés Celsius. Au-delà, l’économie ralentit. Résultat le Brésil décroche un E et une perte de productivité de 13 % attendue d’ici 2050. Les États-Unis, notés E aussi, voient leurs zones les plus riches – Texas, Floride, Arizona – déjà au-dessus de cet optimum. Leurs États du nord ne compensent pas. D’ici 2050, la productivité américaine pourrait chuter de 10,4 %. Un choc comparable à celui du Covid, mais en pire car cette fois il n’y a pas de rebond possible. Le réchauffement s’installe et s’accumule.

La France, elle, s’en tire mieux avec un B et une baisse de productivité limitée à 5,9 % d’ici 2050. Mais le véritable changement est ailleurs. Ces notes ne visent pas seulement les États. L’équipe prépare déjà une version pour les entreprises, région par région. L’idée est de fournir une nouvelle grille de lecture aux investisseurs, aux assureurs, aux marchés. Le risque climatique n’est plus une abstraction lointaine. Il devient un chiffre, une lettre, un outil concret pour décider où placer son argent ou à qui prêter. Et cela pourrait bien rebattre les cartes de la finance mondiale.

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