Économie
L’emploi américain patine, l’IA promet plus qu’elle ne licencie
Le taux de chômage recule légèrement à 4,2% mais les créations d’emplois déçoivent avec seulement 57.000 postes. L’intelligence artificielle, si elle…


Le taux de chômage recule légèrement à 4,2% mais les créations d’emplois déçoivent avec seulement 57.000 postes. L’intelligence artificielle, si elle inquiète, se traduit pour l’instant par plus de sélectivité que de suppressions de postes.
Les derniers chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis ressemblent à un coup de frein en pleine reprise. D’un côté, le chômage baisse un peu, passant de 4,3% à 4,2% sur le mois. De l’autre, les créations d’emplois sont deux fois moins nombreuses que prévu 57.000 postes nets quand les investisseurs en espéraient plus de 110.000. Les mois précédents sont aussi revus à la baisse. Entre avril et juin, le total des embauches atteint à peine 334.000, soit 110.000 de moins que la moyenne attendue. Résultat, plus de 7 millions d’Américains sont encore sans travail, dont près de 2 millions au chômage depuis plus d’un an.
Le secteur des loisirs et de l’hôtellerie-restauration a été la grande surprise. Alors que les États-Unis accueillaient la Coupe du monde de football, tout le monde s’attendait à un coup de boost. Mais c’est l’inverse qui s’est produit 61.000 emplois ont été détruits dans ce seul secteur. Le service statistique américain précise que les embauches sont « plus faibles » que d’habitude pour la saison. Un signe que la reprise reste fragile et que le marché du travail tourne au ralenti. Les experts parlent d’un marché en mode « no hire, no fire » ou « low hire, low fire » autrement dit, les entreprises n’embauchent pas vraiment mais ne licencient pas non plus.
Et dans ce tableau, l’intelligence artificielle ajoute une couche d’incertitude. Beaucoup redoutaient une destruction massive d’emplois. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Comme le résume Gregory Daco, économiste chez EY, l’adoption de l’IA se révèle plus progressive et plus coûteuse que prévu. Les entreprises l’utilisent surtout pour améliorer leur productivité et mieux contrôler leurs coûts salariaux. Conséquence concrète elle rend les recruteurs plus sélectifs. Les candidats doivent justifier d’une valeur ajoutée plus nette. Mais les licenciements à grande échelle ne sont pas encore d’actualité. Le marché du travail américain reste suspendu entre prudence et transformation silencieuse.
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